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18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Culture/Télé

Mère et fils

« Tant que la mort n’a pas gagné, on est toujours en vie », déclare un des personnages. Une pensée juive qui souligne la sensibilité autobiographique de David Roux, l’auteur de « L’ordre des médecins ».

David Roux nous plonge à l’hôpital dans l’intimité des mois qui ont précédé le décès de sa mère. Le réalisateur montre la difficulté à laquelle fut confronté Simon son frère, pneumologue, sur son lieu de travail où leur maman passa de longs mois. Remarquablement interprété par Jérémie Rénier, le médecin doit faire face à une patiente qui cette fois mobilise ses affects, l’évolution de la maladie allant jusqu’à le déstabiliser. Médecin, il se sent impuissant face à cette mort annoncée. Des hauts et des bas accompagnent toujours le quotidien du souffrant. Ici, on la voit heureuse, entourée de ses amies de la chorale venues partager avec elle de jolis chants yiddish repris le jour de l’enterrement. Ce film parle aussi de transmission. Le judaïsme apparaît en filigrane. Ainsi dans une scène finale, Simon retire un drap posé sur un miroir, signe de la fin du deuil chez les Juifs. Le docteur explique à son amie en visite : « Ma mère faisait cela. » Il n’en faut pas plus pour annoncer le passage. Les moments forts sont servis musicalement par Jonathan Fitoussi. David Roux a fait appel au compositeur pour son univers sonore et sa connaissance entre autres des musiques juives. Elles n’entraînent pas le récit dans le mélo, mais renforcent la justesse de sa tonalité. Un beau film. 

En salles « L’ordre des médecins » de David Roux avec Jérémie Rénier et  Marthe Keller.




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