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20 Juin 2019 | 17, Sivan 5779 | Mise à jour le 19/06/2019 à 17h54

Rubrique Culture/Télé

Ary Abittan : « On peut vivre tous ensemble !»

Tant il est drôle, « Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon D’ieu ? » de Philippe de Chauveron est bien parti pour connaître le succès du précédent opus avec ses plus de douze millions d’entrées. De nouveau un « miracle » ?, espère Ary Abittan que nous avons rencontré.

Actualité Juive : Comment a évolué David Benichou, votre personnage ?

Ary Abittan : C’est toujours le même. Il essaie de faire des affaires, d’embarquer ses beaux-frères avec lui. Il est encore plus fou fou que dans le premier.


A.J.: Certains pensent que c’est une caricature du Juif. Quel est votre sentiment ?

A.A. : Non au contraire, ce sont les préjugés de chacun que l’on montre. Le scénario démonte les a priori de chaque communauté pour leur dire : ne voyez pas une menace à chaque fois chez l’autre. Ce film est là pour rappeler que l’on peut vivre tous ensemble et qu’il faut se parler. C’est le message. Dire d’abord que la France est un pays magnifique, puis ce que je viens de vous raconter.


A.J.: Comment réagissez-vous à cette persistante expression de l’antisémitisme en France ?

A.A. : Je suis un citoyen français très heureux de vivre en France. Je sais que la République se bat pour appliquer ses valeurs. J’ai toujours eu confiance. 


A.J.: Vivre en Israël peut être une solution ?

A.A. : J’aime profondément la France. J’y ai vécu toute ma vie, et n’ai aucune raison de la quitter.


A.J.: Comment vous sentez-vous quand vous êtes en Israël ?

A.A. : J’aime y aller en vacances, et aussi y jouer mon spectacle. Je me sens bien. Mais peu importe ses origines. Comme il y a les trois religions, chacun peut y trouver un plus, quelque chose de fort.


A.J.: « La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer » constat de Sylvain Tesson que cite Chantal Lauby, votre belle-mère dans le film. 

Vous êtes d’accord ?

A.A. : C’est pertinent. Comme dans beaucoup de pays, il y a des problèmes. Le film existe pour permettre d’oublier tous nos soucis. Les Français se ruent sur la comédie. Ils vont découvrir non pas un film de militants, mais profondément humain. Ce nouveau scénario est encore en phase avec le public.


A.J.: Vous vous êtes aussi amusé de vos origines différentes avec vos comparses?

A.A. : Philippe de Chauveron, son auteur réalisateur est très client de nos bêtises. Malgré des dialogues très bien écrits, il nous a permis un peu d’improviser avec mes beaux-frères dans le film qui sont devenus des frères dans la vie. Ce film c’est notre madeleine de Proust parce que l’on vient des Quartiers, de Sarcelles. Notre sport national était de nous charrier. On rit de tout et de tous, ensemble ! C’est un rire bienveillant. Pour nous le film continue dans cet exercice.


A.J.: Si vous aviez dans la vie le beau-père du film interprété par Christian Clavier comment seriez-vous ? Comme David Bénichou ? 

A.A. : Si c’était Christian Clavier, ce serait un plaisir de le voir tout le temps. J’ai grandi avec ses films. Mon personnage dans le film reste très ouvert, ce qui correspond à l’esprit de l’histoire.  Et si j’avais un personnage dans la réalité comme monsieur Verneuil joué par Christian Clavier, je ne serais pas loin de David Benichou.


A.J.: Que transmettez-vous du judaïsme à vos trois filles ?

A.A. : Les valeurs transmises par ma mère, c’est-à-dire la tradition. Je les élève dans l’éducation que j’ai reçue. Ma mère est tunisienne, mon père marocain, c’est donc d’abord la nourriture. Très important ! Sauf que je ne sais pas cuisiner. (Rires)


En salles : « Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon D’ieu ? » de Philippe de Chauveron avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan, Frédérique Bel, Medi Sadoun, Elodie Fontan, Frédéric Chau, Julia Platon, Pascal Nzonzi, Tatiana Rojo…






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