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20 Janvier 2019 | 14, Shevat 5779 | Mise à jour le 20/01/2019 à 16h12

26 janvier - Chabbat Yitro : 17h18 - 18h29

Rubrique France/Politique

Alimentation : quand les mentalités évoluent !

En octobre 2016, une étude réalisée par Harris Interactive montrait que les Français avait fait évoluer leur consommation. Qu’en est-il de la communauté?

Un quart des personnes sondées reconnaissaient consommer davantage de fruits et de légumes que deux ans plus tôt. 20% d’entre eux disaient consommer davantage de poisson. En revanche, la viande, les biscuits industriels et le lait accusaient une baisse de consommation d’environ 30%. 

Il suffit d’observer autour de soi l’ouverture d’épiceries bio, la déferlante de produits végétaux et sans gluten dans les rayons des supermarchés ainsi que les nouvelles tendances alimentaires et autres détox rapportés ici et là dans les magazines pour comprendre que cette tendance s’est poursuivie depuis. Au sein de la communauté juive pourtant, le constat n’est pas aussi évident. Aucune école juive ne propose, à notre connaissance, de cantine bio (ne serait-ce qu’au niveau des fruits et légumes). Il n’existe pas (encore) non plus de restaurant cacher estampillé bio. Quant aux produits certifiés à la fois cachers et bio, ils ne sont pas légion non plus. Pourtant la demande existe. Il suffit de voir le succès que rencontre la boulangerie cachère bio qui se trouve dans le XIXème arrondissement de Paris. Et le groupe Facebook « manger casher et bio by Emma » compte plus de 16 000 membres.

Pour Laurence Orah Phitoussi, auteur de plusieurs livres de cuisine juive, dont le livre « La cuisine du Shabbat light » (éditions Chêne), notre retard s’explique par le fait que « le vegan, est associé à la diététique, une notion qui n’est pas vraiment en phase avec nos plats de fête, des plats de transmission qui sont généralement riches et carnés ». Qui dit Kippour dit en effet poulet, qui dit Pessah dit agneau… de quoi rendre vert un végétarien. Il n’empêche. Les mentalités sont bien en train d’évoluer. « Les gens ont toujours envie de préparer ou de savourer des plats qui appartiennent à notre patrimoine culinaire mais sans se sentir mal ou faire une indigestion à la fin du repas », résume Laurence Orah Phitoussi.

Privilégier le goût des bons produits plus que celui de leurs adjuvants, choisir des produits issus de circuits courts, locaux et de saison et bannir tous ce qui est beaucoup « trop gras, trop salé et trop sucré », telle est donc l’attitude (somme toute logique) à adopter. Sans tomber dans la dictature alimentaire non plus. D’ailleurs, « quand on suit déjà les règles de cacherout qui sont si contraignantes, pourquoi se restreindre encore plus pour des causes qui sont uniquement des phénomènes de mode ? », se demande Yoheved Déborah Hassine, coach diététique spécialisée dans l’alimentation traditionnelle juive. Et de rappeler que les régimes dit d’exclusion (sans gluten, sans protéines animales, sans laitages…) « ne riment pas avec l’équilibre alimentaire pour autant ». 

En alimentation comme partout ailleurs, tout est donc question de discernement. Distinguer ce qui relève de la tendance à la mode de la nécessaire hygiène de vie. « Lorsqu’une maladie telle la maladie cœliaque ou une intolérance au gluten est diagnostiquée par un spécialiste, les régimes ‘sans’ trouvent tout leur intérêt. Mais lorsqu’il s’agit d’une déviance qui répond à un phénomène de mode, cela provoque l’inverse de l’équilibre alimentaire », rappelle encore Yoheved Déborah Hassine. «L’importance est dans la voie du milieu », exprimait en substance Maïmonide. Dont les préconisations en matière d’alimentation demeurent, elles, indémodables.

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