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19 Mai 2019 | 14, Iyyar 5779 | Mise à jour le 17/05/2019 à 13h36

Rubrique France/Politique

Rebecca Leffler : « On peut manger sans gluten, lait et viande de façon délicieuse »

Ancienne journaliste au Hollywood Reporter, Rebecca Leffler est l’une des voix les plus entendues sur le bien-être et l’alimentation équilibrée. Dans son Nouveau manuel de la cuisine végétale (Editions Solar), elle réconcilie le manger bien au bien manger.

Actualité juive: Vous n’avez pas toujours mangé sainement et cette transformation, vous la racontez dans vos livres. Expliquez-nous.  

Rebecca Leffler : Effectivement. Du temps où j’étais journaliste, j’avais un mode de vie très stressant. Je dormais mal, je mangeais sur le pouce de la junk-food et cela m’a causé des problèmes de santé. Les médecins m’ont forcée à changer d’alimentation et ils ont découvert que j’étais intolérante au gluten. A l’époque aux Etats-Unis, les discours sur l’alimentation saine et le bien-être étaient bien installés contrairement à la France et ils avaient eu un tel impact sur moi qu’en m’installant à Paris, j’ai voulu raconter dans Green Glam et Gourmande cette transformation alimentaire. Dans mon second livre Green Glam et Happy, j’ai été plus loin en expliquant que ce n’est pas seulement ce que tu manges qui te fais te sentir bien mais comment tu le manges. Manger du chou kale dans un état de stress ne sert à rien. Dans ce Nouveau manuel, je montre comment on peut manger de la grande cuisine française sans lait, sans viande et sans gluten. 


A.J.: Mais prenons le fromage. Comment l’avez-vous remplacé ? 

R.L. : Je n’aime pas l’idée de remplacer, je réinvente en essayant de recréer les saveurs et la matière. Pour le fromage, je cherche à obtenir le goût salé et la texture crémeuse. J’appelle ça le « NOmage » : un mélange  de noix de cajou qui a le goût salé avec de l’huile de coco et de la sauce miso pour texturer. Je reconnais honnêtement que cela n’a pas le même goût qu’un brie (rires) mais c’est sain et gourmand. Pour les plats à base de viande, c’est plus dur et dans mon livre, les plats sans viande comme les ragoûts emploient des ingrédients au goût fumé. Je préfère dire sans viande que vegan. 


A.J.: Pourquoi ? 

R.L. : Le mot vegan est devenu trop militant. Il a abouti à un radicalisme, le veganisme, qui est même contre-productif car quand on lit des études médicales, on sait que manger moins de viande est meilleur pour la santé. Il n’y a pas de militantisme ou d’esprit modeux dans mon végétalisme. J’ai une approche plus positive. J’essaie de montrer comment on peut manger « sans » de façon délicieuse et sans que cela ne devienne une obsession. 


A.J.: Vous êtes arrière-petite-fille de boulanger et petite-fille de boucher. Aujourd’hui sans gluten et sans viande, comment cela se passe-t-il en famille ?  

R.L. : Mon grand-père tenait un jewish daily de viande dans le New Jersey. J’ai grandi avec la matzah ball soup au poulet de ma mère et les rogeleh de ma grand-mère et quand les médecins m’ont dit de tout arrêter - la viande et le pain – je me suis sentie exclue des repas de famille surtout pendant les fêtes. Je devais amener mes plats sauf pendant Pessah, naturellement sans gluten. Avec le temps, mes plats étaient si bons que ma famille s’y est mise avec moi. Je reste quand même attachée à la cuisine juive et mon rêve, je l’avoue, ce serait de trouver une bonne de recette de soupe de poulet végétale…

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