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27 Juin 2019 | 24, Sivan 5779 | Mise à jour le 26/06/2019 à 18h12

Rubrique France/Politique

Visite du président Rivlin en France : un voyage au-delà du protocole

Reuven Rivlin et Emmanuel Macron trinquent à la santé de leur pays! (DR)

La visite officielle du président de l’État d’Israël la semaine dernière à Paris a permis d’évoquer à la fois le dialogue interreligieux, la mémoire de la Shoah, la lutte contre l’antisémitisme et le conflit israélo-palestinien.

C’est pour célébrer le soixante-dixième anniversaire des relations diplomatiques franco-israéliennes que le président Rivlin vient d’effectuer une visite officielle de deux jours en France. Proclamé le 14 mai 1948, l’État d’Israël ne fut en effet reconnu par la France que le 24 janvier 1949 (alors que les États-Unis l’ont reconnu onze minutes après sa proclamation).

Arrivés par un vol commercial de la compagnie El-Al, le président de l’État d’Israël et son épouse Nechama Rivlin ont atterri à Paris mardi 22 janvier dans la soirée. Le Général de la division de l’armée de l’air israélienne Amikam Norkin et le président de la Knesset Elie Elalouf faisaient également partie du voyage. Le programme officiel de leur visite a débuté dès le lendemain matin par une cérémonie d’honneur organisée dans la cour des Invalides. 

Après avoir été reçu par le gouverneur militaire de Paris et par le secrétaire d’État Gabriel Attal, le président Rivlin a rencontré des représentants des communautés juives et musulmanes, ensemble, ainsi que des personnalités françaises investies dans le dialogue interreligieux. Parmi elles, l’écrivain Marek Halter, les imams Hassen Chalghoummi et Mohammed Azizi ainsi que le Grand rabbin de France Haim Korsia. Une entrevue originale à laquelle tenait particulièrement l’hôte israélien. « Le président Rivlin se voit comme étant une figure avant tout rassembleuse. Il a rappelé que son père, arabisant, avait traduit le Coran en hébreu. Il a lui-même une bonne connaissance du monde musulman », explique le porte-parole de l’ambassade d’Israël, Shimon Mercer Wood.

L’entretien avec le président Emmanuel Macron s’est ensuite déroulé à l’Élysée. Dans leur déclaration conjointe, les deux présidents ont rappelé l’amitié « franche et sincère » qui unit leurs deux pays ainsi que la capacité « d’assumer [nos] désaccords sur certains points ». La détermination à lutter contre l’antisémitisme a également été évoquée. Cette réception à l’Élysée s’est poursuivie par un dîner d’État – cacher Lemeahadrin - auquel quelque deux cents personnalités étaient invitées.

Au deuxième jour de sa visite, Reuven Rivlin a inauguré au Quai d’Orsay, au côté du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian l’exposition intitulée « Au-delà du devoir », relatant le courage de ces diplomates qui, usant de leurs prérogatives, ont sauvé des Juifs pendant la Guerre. C’est à cette occasion que le président israélien a prononcé son discours, sans doute le plus important de son voyage.        « On ne peut pas aimer Israël et haïr les juifs, comme on ne peut pas aimer les juifs et haïr Israël. La haine des juifs et l’antisionisme sont de l’antisémitisme », a-t-il notamment déclaré. Il s’est ensuite rendu sur la base de l’armée de l’Air de Villacoublay afin de mettre en exergue l’importance de la coopération militaire franco-israélienne. 

Sa visite s’est achevée par une grande réception organisée en son honneur à l’Hôtel de Ville de Paris, à l’invitation de la Maire de Paris Anne Hidalgo, du Crif, du Fonds social et du Consistoire et à laquelle quelque trois cents convives ont participé.

Ce voyage, visiblement réussi, s’est poursuivi par la publication d’une tribune dans le Journal du Dimanche du 27 janvier. « Je vous appelle à combattre la haine », écrit ainsi le président de l’État juif à l’intention de tous les Français en ce jour de commémoration des victimes de la Shoah. 

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