Default profile photo

24 Avril 2019 | 19, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Israël

Tsahal : passation de pouvoir

15 janvier 2019. Cérémonie de passation de pouvoir au Kotel entre le Général G. Eizenkot et le général A. Kochavi. (Flash90.)

Le général Gadi Eizenkot a passé le relais au général Aviv Kochavi à la tête de l'état-major de Tsahal. Si Israël n'a pas connu de guerre au cours de son mandat, les enjeux stratégiques restent inchangés.

Le dernier vendredi du général Gadi Eizenkot à la tête de Tsahal aura ressemblé à tous ceux qu'il aura passés au cours des neuf derniers mois : les émeutes du Hamas sur la barrière de sécurité de la Bande de Gaza auront une nouvelle fois requis la vigilance des forces de défense israéliennes. Plus de dix mille Gazaouis avaient répondu à l'appel de l'organisation islamiste. Deux Palestiniens ont été tués par des tirs de Tsahal. L'armée israélienne a frappé des positions du Hamas, qui a tiré samedi soir une roquette sur l'ouest du Néguev. Le chef d'état-major sortant estime pourtant que Tsahal n'a jamais perdu le contrôle. 

« Ce qui s'est dégradé, ce n'est pas la sécurité, mais le sentiment de sécurité », a expliqué le général Eizenkot, dans l'une des interviews qu'il a accordées pour marquer la fin de ses quatre années de commandement. Pour le chef de Tsahal, s'il est vrai que le fléau des ballons incendiaires a durement éprouvé les populations du pourtour de Gaza, il n'a fait aucune victime israélienne, pas plus que les quelque 500 roquettes tirées à la mi-novembre par l'organisation terroriste. La trêve pourtant se réévalue au jour le jour, alors que tous les ingrédients d'une explosion sont toujours présents. 

Gadi Eizenkot pourra en tout cas laisser à Aviv Kochavi un dossier réglé : celui des tunnels du Hezbollah sur la frontière libanaise. Le 6e et dernier tunnel transfrontalier a été localisé le 13 janvier. Le reste des galeries en cours de construction par la milice pro-iranienne n'a pas atteint le territoire israélien et reste sous la surveillance de Tsahal. L'opération Bouclier du Nord était cruciale pour le dispositif de défense, a confirmé le chef d'état-major sortant. Le Hezbollah prévoyait en effet d'infiltrer en cas de guerre plus d'un millier de miliciens armés qui auraient occupé une frange de territoire israélien et pris sa population en otage pour empêcher Tsahal de lancer une contre-offensive sur le sud-Liban. 

La menace iranienne demeure toutefois prégnante sur le front nord d'Israël. Le général Eizenkot a confirmé que Tsahal avait effectué des « milliers d'opérations » en Syrie et au Liban au cours des quatre dernières années, toujours dans le but d'empêcher l'Iran d'ouvrir une nouvelle ligne de confrontation en bordure d'Israël. Le retrait américain de Syrie, même s'il ne s'agissait que d'un contingent de 2000 hommes, aura une influence directe sur le rapport des forces. Israël devra veiller à préserver sa coordination tactique avec la Russie, qui va devenir, avec l'Iran et la Turquie, un des acteurs clés du théâtre syrien de l'après-guerre civile.

Le général Aviv Kochavi prend ses fonctions dans une configuration stratégique globalement inchangée, mais dans laquelle son prédécesseur sera parvenu à éviter toute confrontation ouverte sur le front sud comme sur le front nord.

Powered by Edreams Factory