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20 Janvier 2019 | 14, Shevat 5779 | Mise à jour le 20/01/2019 à 16h12

26 janvier - Chabbat Yitro : 17h18 - 18h29

Rubrique Judaïsme

Parachat Bo : Une obscurité…lumineuse

(DR)

Lors de la neuvième plaie d’Egypte, celle de l’obscurité, un phénomène étonnant se produisit : une obscurité épaisse frappa l’Egypte alors que les enfants d’Israël purent évoluer dans la lumière. Il y avait là un double miracle. Que signifiait cette obscurité qui, selon Rachi, était si pesante qu’elle en était palpable ? Mais aussi et surtout, pourquoi mettre en avant cette opposition entre lumière et obscurité ? L’une des réponses apportée par nos Maîtres offre un éclairage saisissant sur l’époque présente.

Les Maîtres du Talmud jusqu’à nos Maîtres contemporains sont tous unanimes pour affirmer que notre époque vit les douleurs de l’enfantement de l’ère messianique. Comme nous l’avons souvent rapporté, de grands bouleversements sociologiques, scientifiques et politiques seront des signes avant-coureurs de la venue du Machia’h. Et comme la sortie de ce dernier exil est comparée à celle de l’exil d’Egypte, force est d’admettre que les dix plaies d’Egypte sont aussi des signes qui, d’un certain point de vue, nous propulsent vers notre époque.


La réprimande impossible 


 L’un d’entre eux est celui de l’obscurité. Cette plaie, comme nous l’avons rapporté plus haut, avait une existence physique. Elle était épaisse, au point que les Egyptiens ne pouvaient bouger, comme bloqués par elle. C’est une indication pour comprendre qu’avant la délivrance, le monde connaîtra une chute morale si intense qu’elle en sera palpable, c'est-à-dire évidente et indéniable. Et le Talmud (1) d’en donner un trait distinctif : personne ne sera en mesure de réprimander les fauteurs, tant le Mal sera la norme établie ! Et pour aller plus loin (2), on pourrait citer Rabbi Yo’hanane qui affirmait : « Qu’il vienne (Machia’h) mais que je ne le voie pas !) Comment un si grand Maître pouvait-il refuser de voir le Machia’h ? Les commentateurs donnent une explication déroutante : plus de 1500 ans avant notre époque, Rabbi Yo’hanane avait vu le déclin moral de notre monde. Et pour lui, qui était habitué à vivre dans un monde équilibré et normal, cette vision était insupportable !


S’opposer au Bien


Dès lors, comment comprendre la présence de la lumière pour les enfants d’Israël au moment où les Egyptiens sont dans les ténèbres ? Là encore, cette situation de simultanéité d’obscurité et de lumière est une invitation à nous projeter vers notre époque. Il est un principe connu qui régit la lutte du Bien et du Mal : lorsque la sainteté veut s’imposer au sein de l’homme ou dans le monde, le Mal ne peut rester inactif car toute sa raison d’être est de s’opposer au Bien pour éviter qu’il ne triomphe. C’est ce qui se passe aujourd’hui : nous approchons de la venue du Machia’h et, dans sa globalité, le peuple juif connaît une situation de lumière qui contraste avec les 2000 ans d’exil qu’il a connus : le peuple juif revient lentement et avec force au judaïsme, les Yéchivoth n’ont jamais été aussi nombreuses, Israël se distingue par sa créativité et ses progrès dans la technologie. Devant ce flux de lumière, il est « normal » que le Mal cherche à s’imposer et à obscurcir le monde. Mais cette opposition ne doit pas nous affecter. Seule importe la mission que le Créateur nous a confiée : éclairer le monde pour le rendre meilleur. 


Notes

(1)  Traité Sanhédrine, p. 97a

(2) Traité Sanhédrine, p. 98.a

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