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22 Septembre 2019 | 22, Elul 5779 | Mise à jour le 20/09/2019 à 14h02

Rubrique Judaïsme

« Et tu planteras pour tes enfants… »

(DR)

La journée de Tou BiChevat est le premier jour de l’année fiscale concernant les prélèvements des fruits de l’arbre dont on doit s’acquitter en terre promise. Elle exprime dés lors le lien particulier qui rattache le peuple juif à la contrée promise à ses ancêtres.

Le cycle agricole du pays d’Israël dure sept années et il existe plusieurs dîmes : la première qui revenait au Lévi, la deuxième qui était consommée à Jérusalem par son propriétaire, la dîme du pauvre… Si la première dîme s’appliquait toutes les années excepté la septième, année de jachère, la deuxième dîme avait cours les première, deuxième, quatrième et cinquième années du cycle. La dîme du pauvre avait cours quant à elle la troisième et sixième année du cycle. Il est défendu de prélever des fruits qui auraient poussé pendant une année pour des fruits qui auraient poussé une autre année puisque la Torah prévoit un impôt annuel. Il a donc été nécessaire de déterminer le début de l’année pour accomplir ces injonctions bibliques. C’est la date du 15 Chevat qui a été choisi par les sages car, à cette période de l’année, la sève a commencé à regagner les arbres au pays d’Israël.  C’est en ce sens que l’on dit que Tou BiChevat est le nouvel an des arbres.

Tou BiChevat est aussi en lien avec une autre injonction biblique qui s’applique, elle, partout : la défense de tirer profit des fruits d’un arbre pendant les trois premières années après sa plantation. C’est une tradition qui remonte au Sinaï que d’appliquer cette loi en dehors de la terre d’Israël (Cf. Séfer ha’Hinoukh 246). La spécificité de la terre d’Israël intervient dans ce cadre pour les fruits qui poussent durant la quatrième année qui doivent être consommés à Jérusalem par leur propriétaire (ibidem 247).

A partir de là, Tou BiChevat est en lien évident avec les arbres, notamment avec leurs fruits. L’usage consiste donc, en ce jour, à consommer toutes sortes de fruits provenant des arbres. Il est aussi rapporté qu’en ce jour, il convient de prier pour pouvoir acquérir un beau cédrat pour la fête de Souccot à venir.


Atteindre la vie absolue


La dimension symbolique de ce jour est donc considérable puisque l’arbre occupe une place toute particulière dans la pensée humaine. La Torah ne dit-elle pas que l’homme est tel un arbre des champs ? Un arbre avec des racines, un tronc, ses branches et ses fruits ? L’homme s’inscrit donc dans un processus découlant de racines et porté vers un avenir qui doit fructifier. Encore faut-il préciser que l’homme est aussi un arbre à l’envers, c'est-à-dire que ses racines sont aussi au ciel. Ses actes et réalisations en constituent les fruits.

A propos de la Torah, le roi Chelomo dit, dans ses Proverbes (3, 18), qu’elle est un arbre de vie (‘ets ‘haïm) pour ceux qui s’en saisissent. Rabbi Mena’hem Mendel de Riminov (Yalkout Mena’hem p. 237) explique cette désignation de la Torah de cette façon : la Torah dispense de nombreux conseils (‘etsa = conseil, terme provenant du mot : ‘ets, arbre) qui permettent d’atteindre la vie absolue (‘ets ‘haïm). Si l’on examine, scrute et étudie la Torah, on découvrira alors de précieux conseils pour la vie.

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