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22 Septembre 2019 | 22, Elul 5779 | Mise à jour le 20/09/2019 à 14h02

Rubrique Judaïsme

Parachat Béchala’h : Une thérapie ancienne pour des maladies modernes

(Flash90.)

Elles sont pudiquement appelées « des maladies modernes » et personne ne semble en mesure d’arrêter leur expansion : le stress, l’angoisse, la dépression et la morosité frappent insidieusement « l’homme moderne », alors que l’assurance nous avait été donnée,il y a plusieurs décennies, que le progrès de la technologie nous donnerait le bonheur. Force est donc d’admettre, devant cet état des lieux, qu’il manque une composante pour rendre l’homme heureux. Cette composante porte un nom : le chabbath. Et c’est la première mitzva mentionnée (1) après la sortie d’Egypte.

Sortir d’Egypte, comme de nombreux ouvrages le rapportent, n’est pas qu’un fait historique strictement factuel. C’est aussi une invitation personnelle à fuir tous les esclavages qui peuvent asservir l’homme dans son quotidien (2). Dès qu’un individu vit une situation l’empêchant de s’attacher à D.ieu et à Sa Thora, il est en Egypte, subissant le carcan de la matérialité ou d’une spiritualité illusoire. Mais pour quitter cette prison mentale, trois données sont impératives : il faut savoir que nous sommes aliénés. Il faut vouloir quitter cette aliénation et il faut connaître les moyens de la quitter. C’est la raison pour laquelle, le chabbath est enseigné dans la paracha qui décrit la sortie d’Egypte : ce jour est la clé pour quitter cette réclusion psychologique.


Toujours plus


D’aucuns pensent que le repos est un loisir. On se repose quand on veut et où l’on veut. Ce qui signifie que ce repos n’est pas un impératif mais un choix personnel. Seulement voilà, l’homme est faible et les pressions économique, sociologique et mentale sont parfois si fortes que l’individu, de par lui-même, n’est pas en mesure de s’extraire de sa prison. On peut comprendre à partir de là, que le respect du chabbath est un ordre, une contrainte car l’homme veut toujours plus. Toujours plus gagner, toujours plus posséder, toujours plus dominer. Et sans ce joug du chabbath, il ne s’arrêterait jamais. Et en quoi consiste cette contrainte ? La réponse se trouve dans le Talmud et dans les écrits de la Loi juive qui imposent à l’homme une rupture totale avec le monde matériel, un repli sur soi pour prendre conscience de notre asservissement durant les six jours de la semaine.


L’invention de la liberté


Comment se traduit concrètement cette rupture ? Par l’interdiction de créer une situation nouvelle engendrée par un rapport de l’homme avec le monde matériel, comme écrire, coudre, cuire ou semer, etc (3) qui sont des activités créatrices. Et plus encore. Pour que la rupture avec le monde soit réelle, les Maîtres du peuple juif ont été plus loin, en instituant des interdictions dans trois domaines. Ils ont interdit de manipuler un objet n’ayant aucun lien avec le chabbath afin de ne pas arriver à créer. Puis ils ont aussi légiférer sur l’usage de la parole en prohibant toute parole mentionnant des activités profanes. Enfin, sans l’interdire formellement, ils ont recommandé à l’homme de ne pas penser, durant le chabbath, à une activité interdite. Ainsi, l’homme s’efforcera de ne pas occuper son esprit à tout ce qui touche à ses activités professionnelles. Avec le don du chabbath, D.ieu a offert à l’homme un cadeau qui va le grandir et faire de lui un être libre. Car la liberté ne s’exerce véritablement que lorsque l’on peut se débarrasser du poids et de l’influence du monde matériel pour revenir à son moi profond. 


Notes

(1) Parachath Béchala’h, chap.16, verset 29

(2) Mitzraïm est un mot hébreu qui signifie « Egypte » mais ponctué différemment, il peut se lire Métzarim qui signifie « limites » 

(3) Au total, il existe 39 activités interdites, recensées par la Thora, avec tout autant d’activités qui dérivent des 39 principales

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