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18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Judaïsme

Parachat Michpatim : Devant les hommes

Le premier ordre qui suivit le don des dix commandements fut l’injonction de construire un autel en terre pour y offrir des sacrifices (1). Puis commença, juste après, la parachath Michpatim, qui débute avec les lois du serviteur hébreu. Nous avons ici deux sujets qui présentent une certaine similitude : l’humilité. Mais pourquoi la Thora a-t-elle jugé nécessaire d’enseigner une nouvelle fois ce concept ?

Mais avant de répondre à cette question, intéressons-nous à une autre question plus globale sur l’agencement de ces deux parachioth. Dans la parachath Ytro, avec le don de la Thora, les Hébreux devinrent un peuple libre. Quel besoin, Michpatim, la paracha suivante, avait-elle de nous enseigner les lois relatives à un serviteur, statut social bien loin de celui d’un homme libre !


Un travail intérieur 


Il est vrai, après la sortie d’Egypte, que le peuple juif devint un peuple libre. Mais cette liberté était d’ordre physique : les Hébreux furent libérés du carcan matériel de l’esclavage. Mais sur le plan spirituel, après le don de la Thora, une autre liberté se profilait en perspective qu’il fallait construire et qui n’était pas immédiate comme celle de la servitude d’Egypte. Elle exigeait de chacun un travail intérieur colossal : se débarrasser de la grossièreté de l’âme animale pour faire apparaître  l’éclat divin qui habite chaque Juif. Et en quoi consiste cet « éclat divin » ? L’obéissance absolue à la volonté du Créateur, qui se traduit pas une soumission entière à cette volonté. C’est pourquoi, la parachath Michpatim suit la parachath Ytro. Michpatim évoque d’entrée de jeu, le cas du serviteur juif parce que sa servitude rappelle allusivement l’idée de soumission à un maître. Comme un Juif qui, pour être sur la voie de la vérité, doit avant tout se soumettre. Mais pourquoi, la Thora a-t-elle jugé bon de répéter deux fois ce concept : à la fin de la parachath Ytro et au début de la parachath Michpatim ? C’est pour nous enseigner une nuance déterminante : il existe deux types d’humilité. Celle vis-à-vis de D.ieu et celle vis-à-vis des hommes.


Proche de D.ieu 


A la fin de la parachath Ytro, le verset nous dit que nous devons construire un autel en terre pour y offrir des sacrifices. La terre évoque l’humilité puisque les hommes marchent sur elle et elle ne peut qu’accepter cet état de fait. Cet autel (en terre) sera le moyen de se rapprocher de D.ieu puisque Korbane (sacrifice) contient le mot Karov qui signifie « proche ». C’est l’humilité qui est le canal permettant la proximité avec D.ieu. Il en sera de même dans nos rapports avec notre prochain. La parachath Michpatim contient un très grand ensemble de lois régissant les relations humaines. Mais avant de les aborder la Thora évoquera l’humilité avec la loi du serviteur hébreu qui, du fait de sa condition, vit l’humilité chaque jour. Pour nous rappeler que la clé d’une bonne entente entre les hommes, c’est l’humilité dans la parole comme dans les actes. Mais on ne doit pas se méprendre. L’humilité vis-à-vis de notre prochain n’est pas la soumission telle qu’elle doit se vivre vis-à-vis de D.ieu. Etre humble devant l’autre, c’est lui laisser de la place pour exister, lui donner de la valeur, lui montrer tout simplement qu’il est quelqu’un. 


Note : (1)  A la fin de la parachath Ytro

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