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20 Avril 2019 | 15, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Monde juif

Israël : faux manuscrits en provenance des pays arabes

(Flash90.)

La Bibliothèque Nationale d’Israël est littéralement submergée d’offres de vente de manuscrits anciens juifs provenant de « collectionneurs » et « experts » de divers pays arabes. Dont l’immense majorité sont, tout simplement, des faux !

Quasiment chaque semaine depuis qu’il est devenu le responsable des collections de la Bibliothèque Nationale d’Israël, le Dr Aviad Stollman reçoit, sur son téléphone, son adresse e-mail ou son Facebook, une offre de vente de prétendus « anciens » manuscrits venant de pays arabes, avec photos à l’appui pour justifier les prix (parfois exorbitants) demandés pour ces soi-disant « trésors perdus » ayant appartenu, « dans le temps », aux diverses communautés juives locales.

Au début, les premières images envoyées furent faciles à disqualifier. Par exemple, les faussaires, ignorant l’hébreu, recopiaient allègrement des textes hébraïques (en général d’Internet) ; mais leur ignorance les faisaient mélanger les lettres ou faire des fautes des plus étranges. Sans compter que certains, pour aller plus vite, se contentaient d’imprimer le texte, procédé ne correspondant pas à la notion même de manuscrit !

Au fil du temps, les faussaires se sont améliorés. Des supports fabriqués à base de cuir, de tissu ou de papier et traités pour avoir l’air ancien sont venus remplacer leurs prédécesseurs. Mais, « une fois que l’œil s’y est habitué, il ne faut que quelques secondes pour voir qu’il s’agit là d’un faux », précise le Dr Aviad Stollman. Il n’y a pas que l’œil d’ailleurs, mais aussi une connaissance de l’histoire juive qui fait, elle, cruellement défaut aux faussaires.

Ainsi, voulant vendre à des acheteurs israéliens, ils décorent leurs « créations » des symboles qui se trouvent sur le drapeau de l’Etat hébreu sans réaliser qu’il s’agit là d’un design « moderne » en contradiction flagrante avec le fait de proposer des livres et parchemins supposés être  antiques. Cela dit, admet le Dr Stollman, il lui arrive parfois de douter, « ne serait –ce que quelques secondes ». Comme à propos de ce texte judéo-persan qui a pu être « confondu » du fait que les illustrations « ne correspondaient pas au texte ».



Les faussaires se sont améliorés

Il faut quand même noter, pour finir, que toutes les propositions de faux n’émanent pas d’escrocs patentés. Quelques-uns des interlocuteurs du Dr Stollman (une petite minorité, certes) sont, par exemple, des collectionneurs arabes qui ont eux-mêmes cru, par le passé, avoir acquis un manuscrit hébraïque rare. Voire des politiciens ou des journalistes israéliens qui sont en contact direct ou indirect avec le monde arabe et qui transmettent à la Bibliothèque Nationale de leur pays les offres qui leur sont faites. Parmi eux, il y aurait même eu un ancien responsable du Mossad.

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