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17 Juillet 2019 | 14, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Culture/Télé

Nadège Forestier : « Henri de Rothschild, mon arrière-grand-père »

La journaliste Nadège Forestier consacre une biographie (1) à son arrière-grand-père, médecin, philanthrope, homme de théâtre et entrepreneur visionnaire.

Actualité Juive : Pourquoi ce livre sur Henri de Rothschild ? 

Nadège Forestier : Ce livre est certes un hommage à mon arrière-grand-père mais il est surtout un hommage à un homme étonnant qui avait une vision. Henri de Rothschild voyait avant les autres ce qui avait un potentiel de développement. Il est allé dans de nombreuses directions : la médecine, la création du théâtre Pigalle, du chocolat en poudre, du lait infantile, la moutarde Maille, le vin, la marque Monsavon. On a pu lui reprocher toutes ces directions mais je ne le vois pas ainsi. Henri de Rothschild était un homme atypique : quand il avait une idée, il la développait et lorsque cela marchait bien, il passait à autre chose. Dans le cas des entreprises, il les revendait. Il ne cherchait pas la renommée. Il a été l’un des plus grands bienfaiteurs de Marie Curie à qui il a procuré un gramme de radium. Il était aussi propriétaire de Mouton-Rothschild. On associe souvent le domaine à Philippe mais il appartenait à Henri qui avait donné les coudées franches à son fils. 

 

A.J.: D’où venait selon vous son originalité ? 

N.F. : D’abord il avait un brin de génie. Ensuite, son enfance difficile l’a forcé à réagir et à développer cette originalité.  Son père est mort d’une crise cardiaque quand il avait neuf ans et sa mère n’autorisait aucune distraction. Très austère, elle était dévouée aux autres et vivait entourée de médecins. Dans cet environnement, Henri a très vite compris les progrès considérables qui allaient se faire en médecine et il s’est dit que c’était là, comme médecin, qu’il serait le plus utile. 


A.J.: Qu’avez-vous  découvert sur votre arrière-grand-père ?

N.F. : Enfant, ma mère me parlait de son grand-père de façon parcellaire et quand je me suis plongée dans son histoire, j’ai été très frappée de réaliser qu’aussi bien lui en tant que personne que les choses exceptionnelles qu’il avait faites, appartenaient à un monde révolu qui n’existe plus. Ce monde pourtant n’est pas si vieux, j’avais deux ans quand il est mort, c’est donc tout près. Dans le domaine du mécénat, par exemple, Henri de Rothschild était un bienfaiteur discret, un véritable philanthrope. Il n’attendait rien en retour. Aujourd’hui, une entreprise peut être généreuse pour montrer qu’elle est aussi socialement responsable. Henri n’aurait jamais pensé comme cela.

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  1. « Henri de Rothschild, un humanitaire avant l’heure ». Editions du Cherche-Midi. 240 pages, 20 euros
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