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25 Mars 2019 | 18, Adar II 5779 | Mise à jour le 21/03/2019 à 18h35

Rubrique Culture/Télé

Yaakov Shwekey : «Nous devons être unis contre l’antisémitisme»

Yaacov Shwekey à Times Square samedi soir dernier devant la jeunesse juive du monde entier. (CTeen)

Dimanche 3 mars, Yaakov Shwekey, le très populaire chanteur hassidique israélo-américain, sera en concert au Palais des Congrès de Paris. Il vient avec sa musique et un message d'amour et de soutien pour ses frères de sang français tiré de la Haggadah de Pessah.

Actualité Juive : Dimanche, vous serez en concert à Paris. Impatient de retrouver votre public français ? 

Yaakov Shwekey : Nous nous préparons à ce concert depuis longtemps. Les concerts à Paris sont toujours pour moi des rendez-vous très particuliers et je suis heureux de revenir dans cette salle magique qu'est le Palais des Congrès. 


A.J.: Comment ressentez-vous ce public ?

Y.S. : C'est un public très chaleureux. A chaque fois que je viens en France, je suis très enthousiaste et très ému par ce public qui participe aux concerts d'une façon aussi spéciale.  

Il y a deux mois, j'ai chanté à Marseille. C'était très émouvant car à la fin du concert nous avons dédié des chansons aux personnes assassinées lors des récents attentats terroristes en Israël. Tout le public pleurait. Ce fut un moment très particulier. Les familles des victimes israéliennes ont reçu les vidéos du spectacle et étaient très émues de voir que les Juifs qui vivaient loin d'eux les étreignaient et partageaient leur chagrin.


A.J.: A quel âge avez-vous commencé à chanter ?

 Y.S. : Déjà petits, nous chantions avec notre père à la table de Chabbat. Enfant, avec mon frère, nous faisions partie de chorales au Mexique et aux Etats-Unis. Je chantais aussi quand j'étais élève à la Yeshiva. Après mon mariage, je suis entré officiellement dans le monde de la musique et j'ai sorti mon premier album, qui comprenait le tube « Rachem » en 2001. Aujourd'hui, avec beaucoup de Besiyata Dishmaya, l'aide des cieux, je travaille sur mon 10e album et de nouveaux projets.


A.J.: Où avez-vous puisé l'envie de chanter et l'inspiration ?

Y.S. : Notre maison était très musicale. Nous avons toujours entendu des chansons hassidiques et orientales. Le rabbin Shlomo Carlebach, Joe Amar et les grandes stars de l'époque m'ont beaucoup inspiré. J'ai d'ailleurs consacré l'un de mes albums à cette époque. There Were Times. Il comprend le meilleur des vieux classiques dans de nouveaux arrangements. Par ce projet je voulais offrir à la jeune génération l'opportunité de ressentir cette musique sur laquelle ma génération et moi-même avons grandi.


A.J.: Trouvez-vous aussi l'inspiration dans vos racines, mi-sépharades par votre père - égyptien et syrien - et mi-ashkénazes par votre mère ? 

Y.S. : Bien sûr, dans ma musique j'ai toujours mêlé les origines de mon père et de ma mère. Déjà dans mon premier album. J'aime tous les genres musicaux et essaie de donner le meilleur de moi-même dans tous les genres que j'aborde.

 

A.J.: Samedi soir dernier,  vous avez chanté à Times Square à New-York pour l'organisation Habad CTeen, qu'avez-vous ressenti ? 

Y.S. : C'était un Chabbat unique qui a rassemblé des millions de jeunes juifs du monde entier, et bien sûr de France. C'était très émouvant de voir cette jeunesse juive à New-York unie pour ressentir, grâce à CTeen, ce qu'est le judaïsme, la tradition, la joie et la valeur d'être juif, ce à quoi ils n'ont pas toujours accès dans leur environnement naturel. Et très impressionnant de voir des messages associés au judaïsme et aux Mitsvot retransmis sur écrans géants autour de cette place au cœur de Manhattan. 


A.J.: Vous arrivez en France au moment où l'antisémitisme est en pleine résurgence. Quel sera votre message ?

Y.S. : « Be Kol Dor Vador, omdim alénou lékaloténou ve hakadosh Baroukh hou matsilénou miyadam ». A chaque génération, il est commandé de nous détruire et D-ieu nous sauve.

Je viens avec mon équipe pour étreindre et renforcer les Juifs de France. Nous sommes des frères de sang et devons être unis contre le mal et la cruauté de l'antisémitisme en Europe et dans le monde. 


A.J.: Aujourd'hui vous vivez loin d'Israël, comment en restez-vous cependant proche ? 

Y.S. : Je suis né en Israël et y ai passé mon enfance avant que mes parents ne s'installent aux Etats-Unis. Je m'y suis marié et ai fondé une famille. Mais je reste très attaché à Israël et y vient très souvent. Je crée la majorité de ma musique en Israël avec les personnes les plus talentueuses de la scène musicale juive internationale. Avec l'aide de D-ieu, nous resterons toujours en Terre Sainte. 


A.J.: Un des motifs de tension au sein de la société israélienne est le fossé entre religieux et laïcs. La musique pourrait-elle contribuer à le combler ?

Y.S. : Bien sûr ! La musique unit les gens. Il est extraordinaire de voir comment la musique permet d'allumer l'étincelle juive chez des personnes qui se sont éloignées du judaïsme.


A.J.: Quelques mots en français pour vos fans avant votre concert ? 

Y.S. : Dans mon dernier album, 

MUSICA, je chante Lev Ehad - un seul cœur - avec des paroles en hébreu, en anglais, en espagnol et en français. 


Qu'on soit là ou au bout de la Terre

On restera à jamais des frères

C'est notre Histoire

C'est notre prière


Je dédie ces paroles à tous nos frères en France où, grâce à D-ieu, nous allons faire un concert et un Kiddouch Hachem extrordinaire. J'ai hâte de vous revoir ! 

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