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20 Mai 2019 | 15, Iyyar 5779 | Mise à jour le 17/05/2019 à 13h36

Rubrique France/Politique

Antisémitisme : un élan de solidarité suivi d’effets ?

(Alain Azria)

Ce sont par milliers que des Français, issus d’horizons très variés, se sont rassemblés mardi soir place de la République à Paris et dans plusieurs villes de Province. Des manifestations qui, au-delà de leurs imperfections, ont incarné un soutien massif – et nécessaire – du peuple français à l’égard de ses compatriotes Juifs.

L’Initiative lancée par le Premier secrétaire du PS Olivier Faure puis relayée par une cinquantaine de partis, d’associations et de mouvements, les rassemblements pour dire non à l’antisémitisme qui se sont déroulés mardi soir à Paris et en Province auront été un moment de cohésion républicaine important.

Le défi n’était pas gagné d’avance tant les désillusions, quant à la façon dont on combat l’antisémitisme en France depuis presque vingt ans qu’il (re)sévit sont fortes. Et comme l’a si justement écrit l’essayiste Marylin Maeso dans l’hebdomadaire Le Point cette semaine, « tant qu’il y aura des gens pour déplorer les effets dont ils nourrissent certaines des causes et pour se rendre aux rassemblements comme d’autres vont au confessionnal, le temps de soulager leur conscience pour mieux retomber dans les mêmes travers le jour suivant, les pavés que nous foulerons à l’unisson seront riches de reculades en puissance ».

Beaucoup paraissaient donc mitigés à l’idée d’aller fouler le pavé aux côtés de quelques personnes et associations à l’attitude pro-palestinienne (donc anti-israélienne et donc souvent antisioniste) notoirement connues. Mais refuser d’y participer aurait été faire offense à tous les autres, personnalités publiques et simples quidam qui clament depuis toujours que « non, l’antisémitisme ce n’est pas la France ». 

Aux premiers rangs de la manifestation parisienne (qui a rassemblé quelque 20 000 personnes), les anciens Présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, le président du parti Les Républicains Laurent Wauquiez, le Premier ministre Édouard Philippe ainsi qu’un grand nombre de ministres. À leurs côtés, le Grand rabbin de France Haïm Korsia a salué un « sursaut républicain », et apprécié entouré des différents représentants des Cultes « l’image de toutes ces religions réunies qui montre que nous ne sommes pas seuls ». C’est à Marseille que le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon est allé rejoindre le millier de manifestants. L’ancien Premier ministre Manuel Valls a quant à lui quitté pour un soir Barcelone pour assister au rassemblement lyonnais.  

Au milieu de la foule, plusieurs personnes portaient aussi un gilet jaune, flanqué d’une inscription « not in my name » (pas en mon nom) afin d’exprimer leur désapprobation vis-à-vis des attitudes antijuives constatées à travers leur mouvement. Présent aussi à la manifestation, le président du BNVCA Samy Ghozlan, très actif sur le terrain de lutte contre les actes antisémites, a déclaré apprécier que ce rassemblement était « organisé par les représentants de la nation et non par les institutions communautaires juives ». 

A Paris, comme ailleurs, des minutes de silence et de recueillement ont été respectées et le chant de la Marseillaise entonnée avec ferveur par la foule. 

« Se rassembler ce n’est pas suffisant mais c’est nécessaire. Il y aura probablement un travail législatif pour prendre les mesures qui s’imposent et punir sévèrement tous ceux qui mettent en cause ce que nous sommes », a aussi déclaré ce soir-là le chef du gouvernement Édouard Philippe. Le Président Emmanuel Macron devait mercredi soir, s’exprimer au dîner annuel du Crif. Des annonces en matière de lutte contre l’antisémitisme sont attendues.

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