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22 Septembre 2019 | 22, Elul 5779 | Mise à jour le 20/09/2019 à 14h02

Rubrique France/Politique

Traitement judiciaire des fauteurs de troubles à caractère antisémite : Pourquoi tant d’impunité ?

Sacha Ghozlan et Gil Taïeb (DR)

Pourquoi les Soral, Dieudonné et consorts continuent de sévir malgré leurs multiples condamnations ? Pourquoi la haine antisémite est tant présente sur internet ? Comment en venir à bout ? Éléments de réponse avec le président de l’UEJF Sacha Ghozlan et le vice-président du Crif, Gil Taïeb.

Dans une interview accordée le week-end dernier au Journal du Dimanche la garde des Sceaux Nicole Belloubet a indiqué qu’elle avait « rappelé aux parquets, avant la première manifestation l’ensemble des incriminations sur la base desquelles on pouvait appréhender les personnes qui commettaient des violences sur la voie publique ». Les auteurs du lynchage verbal d’Alain Finkielkraut commis en ce quatorzième samedi de manifestations auraient, à coup sûr, dû tomber sous le coup de la loi et être interpelés immédiatement. Ils ont pourtant commis leur délit en toute impunité, à la vue de tous…

« Il n’y a plus de manifestation de l’autorité. La responsabilité en revient aux différents ministères et préfets qui, depuis de nombreuses années maintenant, ont fait preuve de laxisme en la matière. Pour eux, il ne semble pas y avoir de trouble à l’ordre public », déplore Gil Taïeb. Le militant communautaire, vice-président du Crif a codirigé (avec la députée LREM Laëtitia Avia) la mission de lutte contre l’antisémitisme sur Internet. Si dans ce dernier domaine, des lois sont encore à voter, l’arsenal judiciaire semble suffisant pour condamner efficacement tous les autres actes, estime-t-il. 

« Le problème est celui de l’efficacité des sanctions », poursuit quant à lui Sacha Ghozlan. « Elles ne sont pas suffisamment dissuasives. Alain Soral et Dieudonné font commerce de la haine antijuive. Leurs multiples condamnations ne les empêchent pas de continuer ». 

Sur Internet en revanche, tout reste à faire. « Une loi devrait être présentée d’ici l’été. Elle responsabilisera les fournisseurs d’accès à Internet et les Géants du Net qui devront être considérés comme étant des ‘accélérateurs de contenu’. Suite à un signalement, ils devront retirer dans les vingt-quatre heures des contenus problématiques sous peine de pénalités. Ils devront aussi être en mesure d’identifier les contrevenants », explique Gil Taïeb. 

« Depuis des années, les différents ministères ont fait preuve de laxisme »

Pour Sacha Ghozlan, le fait que l’on se soit « habitué » à la haine déversée sur les murs virtuels, explique ce déversement dans le monde réel. « Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas d’amende indexée sur le chiffre d’affaires des entreprises qui véhiculent des messages antisémites. Les condamnations permettraient de financer ensuite des projets pédagogiques », ajoute-t-il aussi. Une proposition qui permettrait sans doute de faire de la lutte contre l’antisémitisme une priorité au même titre que la lutte contre la pédopornographie ou même la protection des droits d’auteur.

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