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08 Décembre 2019 | 10, Kislev 5780 | Mise à jour le 04/12/2019 à 18h11

Rubrique Israël

Alors, Bibi ou Benny ?

Benny Gantz sera le principal concurrent de Binyamin Netanyahou. (FLASH90.)

L'entrée dans l'arène de Benny Gantz a donné le coup d'envoi officieux de la campagne. Si les premiers sondages le rapprochent de Binyamin Netanyahou dans les intentions de vote, c'est surtout le centre-droite qui s'inquiète.

Organisée comme un show à l'américaine, la première apparition publique le 29 janvier de l'ancien chef d'état-major et président du nouveau parti H'osen LeIsraël (Résilience pour Israël), était attendue par les médias comme par l'opinion en Israël. Benny Gantz, qui a raccroché l'uniforme en 2015, fait ses premiers pas en politique. Son discours, méticuleusement calibré, devait l'imposer en premier ministrable. Il a effectivement coché toutes les cases, du charisme, de la moralité, de la responsabilité, et même de la pugnacité, avec quelques avertissements bien sentis à l'adresse du Hamas et de l'Iran. 

Le lendemain, les premiers sondages confirmaient l'impression : tous donnaient au nouveau candidat la deuxième place dans les intentions de vote, derrière le Premier ministre sortant, créditant le nouveau parti de 21 à 23 sièges contre 30 à 31 pour le Likoud conduit par Binyamin Netanyahou. Un seul scénario accordait la victoire à Benny Gantz : celui d'une alliance avec le parti centriste Yesh Atid de Yaïr Lapid. Dans ce cas seulement, l'ancien chef d'état-major passerait devant l'actuel chef du gouvernement israélien. 

Benny Gantz doit encore présenter la liste de ses candidats, mais il a déjà fait alliance avec celui qui fut son supérieur hiérarchique, Moshe Yaalon, ancien chef d'état-major et ministre de la Défense. Un partenariat qui donne une crédibilité indispensable à celui qui n'a encore été ni élu du peuple, ni membre de l'exécutif. Pour les électeurs israéliens, l'expérience militaire reste un critère dans le choix de leur leader. Un critère nécessaire mais pas suffisant. Il leur faut aussi connaÎtre le positionnement du candidat sur les enjeux stratégiques et socio-économiques du pays. Le leader de H'osen LeIsraël ne s'est guère démarqué de Binyamin Netanyahou sur le fond, se contentant de donner un léger coup de barre à gauche, pour le placer au centre-droit de la carte politique. Le résultat d'une analyse de ses conseillers stratégiques, qui ont observé le déplacement vers la droite de l'électorat israélien et qui ont compris que c'était le segment que devait viser leur poulain.


Sur le terrain des centristes

Du coup, Benny Gantz chasse sur les terres des autres centristes, et en particulier de Yaïr Lapid, principale victime de l'arrivée du nouveau candidat. Les deux hommes, attentifs aux signaux envoyés par l'opinion, vont devoir dans les semaines qui viennent effectuer des choix déchirants. L'alliance électorale entre les deux semble inévitable. Reste à savoir lequel sera prêt à céder sa place à l'autre à la tête de la liste.

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