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19 Mai 2019 | 14, Iyyar 5779 | Mise à jour le 17/05/2019 à 13h36

Rubrique Israël

Surveiller l'Irak, se préparer pour Gaza

Le chef d'état-major Aviv Kochavi (Flash90.)

Les prévisions stratégiques des renseignements militaires israéliens pour 2019 identifient une reconfiguration du dispositif iranien et un risque accru de confrontation avec les Palestiniens.

C'est une carte toujours plus complexe des menaces stratégiques que le nouveau chef d'état-major Aviv Kochavi vient de recevoir des experts du Aman, l'unité de renseignement militaire de Tsahal. L'Iran reste l'acteur principal qui doit faire l'objet de toutes les vigilances, même si les analystes militaires considèrent comme faible le risque d'une confrontation sur le front nord d'Israël. D'abord parce que la République islamique doit encore définir ses propres priorités, en particulier sur le sort de l'accord international sur son programme nucléaire. En dépit du retrait des Etats-Unis et de leur relance des sanctions économiques, le régime de Téhéran parvient encore à faire face à la dégradation intérieure et n'a pas sauté le pas de la reprise de l'enrichissement d'uranium, qui mettrait fin à l'accord de 2015.

En revanche, l'Iran ne renonce pas à étendre et renforcer sa présence militaire sur le terrain en établissant une continuité territoriale jusqu'au Liban. Depuis que les opérations préventives d'Israël l'ont contraint à déplacer ses forces en Syrie, l'Iran a commencé à utiliser l'Irak comme deuxième ligne en déployant sur sa frontière ouest des milices chiites et des missiles de moyenne portée susceptibles de toucher Israël. Une nouvelle configuration qui exige de Tsahal de préparer rapidement des plans opérationnels, recommandent les experts du Aman. Si l'Iran est en train de rebattre ses cartes tactiques, il ne s'agit donc pas pour Israël de se détourner du front nord, mais au contraire de se préparer et s'adapter en conséquence, analysent les services de renseignements de Tsahal.


L’Iran rebat ses cartes tactiques


L'urgence en revanche est plus pressante sur le front sud, estiment les analystes du Aman, qui considèrent que les organisations terroristes palestiniennes de Gaza, et en particulier le Hamas, pourraient initier une confrontation avec Israël pour renégocier ensuite une trêve à des conditions plus favorables. Cela pourrait se traduire par une attaque terrestre via des tunnels, qui contraindraient Tsahal à rentrer dans le territoire côtier. Ce n'est pas un hasard si le général Kochavi a déjà consacré plusieurs visites d'inspection sur le front de Gaza depuis son entrée en fonctions à la mi-janvier. 

Plusieurs facteurs convergent pour relever le risque d'un réchauffement du front palestinien. Outre la situation économique dans la Bande de Gaza, il faut aussi prendre en compte les difficultés de l'Iran qui pourrait réduire ses subsides aux organisations terroristes du territoire côtier, les obligeant à d'autres alternatives pour remplir leurs caisses. Et les analystes militaires israéliens n'oublient pas non plus l'échéance de l'après Abbas. Le chef octogénaire et malade de l'Autorité Palestinienne finira par quitter la scène, laissant derrière lui un chaos politique qui n'aura rien de bon pour Israël.

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