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23 Mai 2019 | 18, Iyyar 5779 | Mise à jour le 22/05/2019 à 18h15

Rubrique Israël

Israël : à la pointe du progrès

Robert Ysraël Aumann et Noah Efron (Wikipedia)

En Israël, la recherche médicale est en constante ébullition. Que ce soit dans la lutte contre le cancer, la maladie d'Alzheimer, la sclérose en plaques, le diabète, la Maladie de Charcot et la leucémie.

Des réalisations inédites aussi en ophtalmologie et autonomie des handicapés. Sans parler des avancées en nano et télé-médecine. Cette préexcellence peut tout d'abord être expliquée par les incroyables progrès technologiques, et en matière d’intelligence artificielle qui ont permis de développer une imagerie médicale de pointe pour, par exemple, déceler à un stade plus avancé que jamais des tumeurs et ainsi augmenter les chances de guérison. Ou de réaliser investigations et opérations chirurgicales non invasives.

Autre facteur, et pas des moindres, la matière grise. Et si celle du peuple juif, majoritaire en Israël, est si propice à la recherche, ce serait grâce au Talmud. Sa lecture aurait développé le goût de l'étude, le raisonnement et donc une certaine forme d'intelligence.

C'est d'ailleurs ce qu'affirme Robert Ysraël Aumann, lauréat juif américano-israélien du prix Nobel d’économie en 2005. « Aucune autre civilisation a autant encouragé l'étude que le peuple juif, un travail intellectuel qui a donc débordé sur la science ou l'économie et explique que 23% des prix Nobel aient été décernés à des Juifs alors qu'ils ne représentent que 0,25% de la population mondiale ». En Corée du Sud, on estime que le Talmud est la clé de la réussite israélienne. En 2011, l'ambassadeur de Séoul en Israël confie à la télévision israélienne que les familles sud-coréennes en possèdent toutes au moins un exemplaire. Et plusieurs écoles proposent aux élèves une éducation juive en plus de la coréenne. Comme celle fondée par Park Hyunjun, à une heure de la capitale, qui estime que si les juifs excellent c'est grâce à leurs pratiques éducatives et culturelles.  Dans leur ouvrage « The chosen few » - les rares élus - Zvi Eckstein, éminent professeur universitaire en Israël et aux Etats-Unis, lie la suprématie juive dans des domaines qui requièrent l'alphabétisation et l'instruction à la destruction du 2nd Temple. La survie de la religion juive était alors conditionnée au fait que chaque Juif apprenne à lire et à écrire et acquière des savoirs face à un monde majoritairement analphabète. Faute de d’éducation ils s'assimileraient.

Quant à Noah Efron, professeur à l'Université Bar-Ilan et fondateur du programme interdisciplinaire sur la science et la technologie, il lie la préséance juive contemporaine à l'émigration de masse des Juifs, dès le 20e siècle, aux Etats-Unis, en Palestine ou en Russie. « Ils s'immergent alors dans les sciences car elles renferment des valeurs d'universalisme et représentent l'espoir de transcender le vieil ordre mondial qui depuis si longtemps les a tenus à l'écart du pouvoir, de la société et des richesses ». Un moyen en fait de s'intégrer et de réussir dans leurs pays d'adoption. 

Peut-on dire qu'il existe un gène de l'excellence juive ? Non, répond d'un sourire Monique Osman, biologiste auprès de l'Education Nationale et spécialisée en génétique. « Cependant sur le plan biologique on a clairement identifié des gènes liés à la qualité de l'intelligence. Au QI. Une découverte qui vient corroborer la théorie de la sélection naturelle établie par Darwin en 1859. D'une génération à l'autre, sont sélectionnés les individus les plus aptes à s'adapter aux conditions de leur environnement et donc à subsister. Or, depuis l'époque romaine, les Juifs ont été soumis à un environnement hostile. De persécutions en expulsions, de pogroms en génocides. Seuls ceux qui possèdent des gènes de l'intelligence -soit les plus malins, plus imaginatifs, plus créatifs- survivent. Ces gènes se sont conservés de génération en génération, à travers les siècles, car les Juifs se marient en général entre eux. Et donc généré des descendances d'excellence".    

Cependant, prévient Monique Osman, « cette préservation des gènes pourrait se diluer s'ils ne sont pas ou moins sollicités, d'autant plus que quand la vie est plus douce la sélection naturelle concernant les gènes favorables à la survie en milieu hostile ne s'exerce plus ». Mais Israël veille au grain et consacre plus de 5% de son PIB à la recherche et au développement, plus que tout autre pays au monde. 

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