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23 Mai 2019 | 18, Iyyar 5779 | Mise à jour le 22/05/2019 à 18h15

Rubrique Israël

Benny Gantz peut-il battre Netanyahou ?

(Flash90.)

L'alliance conclue par les deux grands partis du centre, Hossen LeIsraël de Gantz et Yesh Atid de Lapid, risque-t-elle de remettre en cause la position dominante de Likoud ?

« Big Bang ». C'est l'expression employée par certains journalistes israéliens pour décrire l'alliance conclue le 21 février entre les deux grands partis du centre Hossen LeIsraël de Benny Gantz et Yesh Atid de Yaïr Lapid. 

Baptisée « Bleu Blanc », des couleurs du drapeau israélien, la liste commune constituée par ces deux formations semble en effet capable de remporter davantage de suffrages, et donc de sièges à la Knesset, que le Likoud, qui selon toutes les études d'opinion des derniers mois, représente un quart de l'électorat, c'est-à-dire une trentaine de mandats. 

Des informations sur des négociations intensives et discrètes entre Benny Ganz et Yair Lapid avaient filtré dans les médias dès le 19 février mais les Israéliens ont néanmoins été surpris par l'annonce le 21 février au matin de l'aboutissement des pourparlers et de la constitution d'une liste commune. 

La nouvelle formation, Bleu Blanc, est constituée par les partis de Benny Gantz et Moshé Yaalon auquel s'ajouteront Yesh Atid et ses candidats. La liste est conduite par Benny Gantz qui sera son candidat au poste de Premier ministre. Yaïr Lapid est à la seconde place et une rotation est prévue entre les deux hommes à la tête du gouvernement au bout de deux ans et demi. 

Cette liste comprend trois anciens chefs d'état-major – Benny Gantz, Moshé Yaalon et Gaby Ashkenazi – capables de répondre au besoin de sécurité du public israélien. En revanche, elle ne comporte guère de candidats dotés d'une grande expérience politique économique ou diplomatique. 

Cette fusion vise un objectif bien clair : les leaders du centre espèrent qu'en s'unissant au sein d'une liste unique, ils créeront une dynamique qui leur permettra d'obtenir davantage de voix que le Likoud et de devenir la première formation de la Knesset. Les premiers sondages effectués depuis lors semblent leur donner raison puisque qu'ils créditent Bleu Blanc de 35 à 36 mandats contre une trentaine au Likoud. 

Mais cela ne signifie pas que le nouveau parti sera en mesure de prendre la tête du pays. Il faudrait pour cela qu'il dispose d'une majorité à la Knesset. Or pour le moment, la droite et les partis religieux qui soutiennent M. Netanyahou sont crédités d'au moins la moitié des sièges. En revanche, Bleu Blanc ne pourrait faire entrer au sein de son gouvernement que les travaillistes et Meretz – soit au maximum 48 mandats – avec un soutien extérieur des formations arabes. Une solution difficile à mettre en  œuvre et impopulaire. 

L'équilibre des forces pourrait encore se modifier mais il semble bien que M. Netanyahou conserve de bonnes chances de constituer le prochain gouvernement, malgré les poursuites contre lui dont le Parquet pourrait annoncer l'ouverture dans les prochains jours. 

Le Likoud et son leader présentent Gantz et Lapid comme des hommes de gauche capables de s'allier avec les éléments les plus extrémistes et de brader le pays. Yaïr Lapid assure, pour sa part, qu'il n'en est rien et que leur formation s'unira avec le Likoud lorsque ce dernier sera débarrassé de Netanyahou. 

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