Default profile photo

22 Septembre 2019 | 22, Elul 5779 | Mise à jour le 20/09/2019 à 14h02

Rubrique Judaïsme

Parachat Térouma : La force de la Tradition

Il faut se méfier des idées ou des images, empruntées au judaïsme et véhiculées par les nations quand elles ne sont pas validées par les Maîtres de la Tradition juive. Bien souvent, elles ne sont que le fruit d’une erreur ou d’un antisémitisme culturel. Car pour nous, peuple du Livre, seul compte ce qui est écrit dans le Livre, émanation de la Vérité divine.

Nous connaissons tous, la Ménora qui trône devant la Knesseth, le Parlement israélien, inspirée de celle qui se trouvait dans le Temple de Jérusalem. Les six branches qui la composent sont en forme de demi-cercle avec une tige centrale. Deux de nos plus grands Maîtres, et non des moindres, Rachi et le Rambam, n’ont pas la même vision de la Ménora. Pour eux, les six branches étaient obliques, une forme à l’opposé de celle que l’on trouve dans toutes les représentations. Pour ce qui est de Rachi, il précise la forme oblique des branches dans son commentaire de la Thora (1). Quant au Rambam, c’est un dessin dont il est lui-même l’auteur (2), dans son commentaire de la Michna, qui nous le prouve puisqu’il donne une forme oblique aux branches de la Ménora.


Une voix infinie


Il y a ici un fait extraordinaire : Rachi et le Rambam ne se sont pas connus, puisque  le premier a quitté ce monde en 1105 et que le Rambam est né trente ans plus tard. Ils ont donc une source commune  qui ne peut être une invention ou une vue de l’esprit. Mais il y a plus : ce point confirme une règle du Talmud selon laquelle, c’est l’opinion des Maîtres qui sera retenue, même si les faits semblent prouver le contraire. C’est là la force de la Tradition juive : la voix du Sinaï, qui fit entendre les paroles divines de la Thora ne s’est pas arrêtée. Elle se poursuit à travers toutes les générations dans la bouche des chefs spirituels d’Israël. Une autre donnée toute aussi remarquable éclaire ce point. Des archéologues ont récemment découvert un bloc de pierre avec le dessin de la Ménora confirmant la forme oblique rapportée par Rachi et le Rambam ! Mais ce n’est pas tout.


Vers le monde


Les branches de la Ménora portaient sur elles des décorations. L’une d’entre elles consistait en coupes en or comme des verres allongés et étroits. Elles étaient trois sur chacune des six branches et n’avaient qu’une fonction esthétique (3). Toutefois à la différence des autres représentations de la Ménora, le Rambam a dessiné les coupes en position inversée, la partie la plus large étant orientée vers le bas ! Comment nous faut-il comprendre cette inversion ? On pourrait penser, a priori, que la Ménora n’avait pour raison d’être que l’éclairage du Temple. Il n’en est rien. Le but de la Ménora était de répandre et de diffuser la lumière du Temple, à l’extérieur, dans le monde entier. C’est pourquoi, les coupes étaient renversées, symbole du geste de répandre vers le bas, vers l’obscurité du monde. Il en va de même pour nous. Chacun possède en lui un « Temple miniature » dont les lumières qui sont en lui doivent être dirigées vers le bas, vers ceux qui sont encore dans une situation moralement basse. Pour les rapprocher du Créateur. 



Notes

(1) Parachath Térouma, chap. 25, verset 32. 

(2) Notre illustration estle dessin du Rambam.

(3) Il y avait quatre coupes sur la tige centrale.

Powered by Edreams Factory