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20 Mai 2019 | 15, Iyyar 5779 | Mise à jour le 17/05/2019 à 13h36

Rubrique Judaïsme

Parachat Ki tissa : L’amour malgré la faute

L’adoration du veau d’or de Nicolas Poussin (Wikipedia)

L’amour de D.ieu pour Son peuple confine à l’Infini mais il dépasse la raison quand Son peuple remettra en cause son lien avec Lui. C’est ce que nous apprend le Talmud (1) quand on y lit que « Malgré la faute, le peuple juif reste le peuple juif ». La faute du veau d’or et ses conséquences en seront la plus belle illustration.

Au lendemain du don  de la Thora, Moché (Moïse) monta sur la montagne de Sinaï pour y rester 40 jours et y recevoir les Tables de la Loi. A l’issue de cette période, durant laquelle Dieu lui enseigna la loi écrite et la loi orale, donc le dernier jour des quarante jours, les enfants d’Israël fabriquent le veau d’or, au bas de la montagne. La situation dépasse l’entendement : Moché ne sait pas ce qui se passe en bas mais durant cette dernière journée, D.ieu va continuer à lui enseigner la Thora pour qu’il la donne aux enfants d’Israël … quand, quelques centaines de mètres plus bas, le peuple fait précisément le contraire du contenu de cette Thora !


A l’exemple de D.ieu


Devant nous, se dessine un merveilleux enseignement, mis en valeur par le Créateur lui-même, et qui constitue un fondement dans la relation avec notre prochain : quand un Juif, détenteur de la Thora et de ses commandements rencontre un autre Juif qui s’est détourné de son héritage ou qui ne l’a jamais connu, la tentation est forte pour le premier de s’éloigner du second. Aucun lien concret ne les rapproche et de plus, on peut penser que lorsque l’on ne connaît pas la Thora, quelque part, on s’y oppose. D.ieu alors, s’inscrit en faux contre une telle démarche de l’esprit : malgré la faute de l’idolâtrie qui se produisait au bas de la montagne, il remit à Moché la Thora pour qu’il l’enseigne à ceux qui agissaient dans la voie contraire à celle de la Thora. On peut comprendre dès lors, qu’un Juif loin de sa spiritualité n’est jamais vraiment loin d’elle et que cette distance imaginaire ne doit pas nous empêcher de s’approcher de lui pour le ramener vers D.ieu.


Avant qu’il ne trébuche


Cette idée nous permettra de répondre à une question qui surgit à la lecture des premiers mots de notre paracha. Le texte précise que chaque Juif devait donner un demi-shekel afin d’être compté (1). Mais l’une des fonctions de ce don était aussi de réparer la faute du veau d’or, bien que ce compte soit mentionné avant la faute proprement dite. Mais si la Thora a jugé bon de placer la réparation avant l’événement, c’est pour nous avertir : nous devons, en permanence, garder en tête l’idée que chaque Juif n’est qu’un demi-shekel d’un autre demi-shekel, un autre Juif. Il se peut qu’en temps d’exil, un Juif trébuche et s’éloigne de la Thora. Nous aurons alors le réflexe de nous rappeler que la faute n’est qu’un accident de parcours car fondamentalement, un Juif n’est qu’une moitié de son frère. Et pour un frère que ne ferions-nous pas ? 


Note : 

  1. D’après le Talmud, on ne compte pas les Juifs. Pour connaître leur nombre, on compte ce qu’ils ont donné, en l’occurrence un demi-shékel.
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