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21 Juillet 2019 | 18, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Judaïsme

Parachat Vayakel 5779 : Installer l’unité dans le monde

(DR)

Le concept d’unité est une valeur clé du judaïsme parce qu’il est directement lié à la notion de foi. Nous avons, en effet, le devoir de ressembler à D.ieu. Or D.ieu est Un et de ce fait, s’impose à nous l’obligation de rechercher et d’intégrer en nous l’unité. Cette démarche s’inscrira en filigrane dans les premiers versets de notre paracha.

Trois thèmes marquent le début de la paracha : le rassemblement du peuple initié par Moché, la mention du chabbath et des six jours qui le précèdent et l’ordre de construire le Michkane. Cet agencement est porteur d’un enseignement sur le comment de cette unité. Vayakel signifie « Il rassembla ». L’unité, expliquent nos Maîtres, consiste à mettre en valeur ce qui nous rapproche plutôt que ce qui nous sépare. Notre proximité est construite par notre communauté spirituelle, que sont l’étude de la Thora et la pratique des mitzvoth. Il n’en va pas de même avec le monde matériel et ses perturbations qui sont bien souvent sources de conflits entre nous puisque nous cherchons constamment à posséder, à dominer ou diriger. De ce fait, d’aucuns pourraient penser que le chabbath est le lieu pour privilégier l’unité entre nous car tout concourt à réduire les conflits : le jour de chabbath nous consacrons plus de temps à l’étude de la Thora qui n’appartient à personne. Quelqu’un peut-il se l’accaparer ? Durant cette sainte journée, la prière est plus longue et nous y consacrons plus de temps. L’introspection intérieure qui en découle permet à chacun de désamorcer les rapports de force. Le stress, enfin, est considérablement réduit. Il est d’ailleurs interdit de courir durant chabbath.


Les guerres sociales

Mais cette vision du monde n’est pas dans l’esprit du judaïsme. Il est vrai que les six jours de la semaine génèrent bien souvent une situation tendue entre les hommes qui n’est pas propice à l’unité. Ce constat pourrait nous amener à penser que les guerres sociales et psychologiques de la semaine sont du domaine de la normalité et que l’on doit vivre avec !

C’est pour s’inscrire en faux contre cette option que le verset nous apprenant que « Moché réunit… » est suivi du verset  « Six jours de la semaine, le travail sera fait… ». Nous devons inscrire l’unité au sein du monde profane pour faire l’effort de dépasser nos divergences. Le monde profane n’est pas une jungle qui conforte la légitimité de tromper ou de voler. Bien au contraire. C’est dans ce monde que D.ieu nous demande d’installer la spiritualité et pas dans un espace-temps déjà spiritualisé comme le chabbath !


Un simple reflet

On peut comprendre dès lors la présence du troisième thème, les ordres du Michkane, à la suite du rassemblement et du chabbath. Construire le Michkane n’est pas seulement un simple assemblage de bois, de terre, d’argent, d’or et de tissus. C’est aussi et essentiellement la demeure de D.ieu et cette dimension divine n’est possible que si au préalable, l’unité des cœurs dans le monde profane a été construite. C’est ce que nous disait le début de la parachath Térouma : « … Ils me feront un Temple et Je résiderai parmi eux » : le Temple matériel n’est pas un but en soi. Il n’est que le reflet de l’unité des hommes.

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