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20 Mai 2019 | 15, Iyyar 5779 | Mise à jour le 17/05/2019 à 13h36

Rubrique Monde juif

Israël : Confectionner les pains utilisés dans le Temple

Tu feras une table de bois de chitim, tu la recouvriras d’or et tu placeras les pains de proposition (le’hem panim)

Un boulanger d’origine australienne installé à Karnei Shomron essaye de confectionner à nouveau les « pains de proposition » utilisés dans le Temple de Jérusalem.

Un rappel biblique pour commencer. « Tu feras ensuite une table de bois de chittim… Tu la recouvriras d’or… Et tu placeras sur cette table les pains de proposition (le’hem panim), en permanence devant moi », nous dit le livre de l’Exode. Plus concrètement, ces pains étaient ceux que, dans le Temple, le Cohen de service déposait chaque Chabbat sur ladite table d'or où ils restaient exposés jus-qu'au Chabbat suivant sans perdre de leur fraîcheur. Il y en avait douze, de volume respectable, en forme, précise le Talmud, d’une armoire ouverte.

Retour vers le présent… ou presque. Il y a une trentaine d’années débarquait en Israël un couple d’immigrants venu d’Australie, Ianky et Sheryl Saidel. Le mari y trouva un job dans l’informatique jusqu’à ce que la crise financière de 2008 le laisse sans travail. Et le fasse réaliser qu’il était temps de changer de carrière. 

Or, depuis longtemps, Ianky Saidel avait un hobby: il aimait faire du pain. Il ouvrit, donc, une petite boulangerie dans sa ville de Karnei Shomron, boulangerie spécialisée dans les pains « bio ». Afin de développer leur entreprise, le couple eut l’idée, il y a cinq ans, de proposer des ateliers. Mais, quelque chose manquait. « A part l’atelier ‘halla", nous n’avions rien de vraiment juif… », a expliqué Ianky Saidel au Jerusalem Post.

Mais, après que celui ci eut lu le livre d’un universitaire dédié à la signification religieuse et culturelle du pain dans le monde antique, tout allait changer. « Je savais que la ‘halla avait ses origines dans l’Allemagne du 15e siècle, dit-il, mais je ne savais pas grand chose sur les pains utilisés dans le Temple ». Et tout particulièrement sur le le’hem hapanim. Le boulanger s’est, alors, attelé à tenter de résoudre les mystères de ce dernier: Comment du pain, préparé sans levure, pouvait-il gonfler? Quelle était la forme exacte de ces pains? Comment ceux-ci pouvaient-ils rester frais pendant quasiment neuf jours? 


La forme authentique

Pour ce qui est de leur « look », dit encore le même, « vous avez besoin de connaître les secrets de la boulangerie, la chimie des céréales, la géométrie et l’informatique pour essayer de retrouver la forme authentique de ces pains ». Quant à la fraîcheur, selon lui, si l’on utilise la même farine que celle employée de nos jours, le pain moisit plus vite. Ce qui n’est pas le cas pour celle obtenue à partir de blé dur. Aujourd’hui, Ianky Saidel peut, ainsi, éviter que son pain ne moisisse mais il n’a pas encore obtenu que celui ci conserve sa fraîcheur. 

« Je vais consacrer le reste de ma vie à faire des recherches sur le le’hem hapanim, souligne-t-il, à faire connaître le service du Temple et essayer de leur donner l’envie de reconstruire le troisième Beit Hamikdash… ». En attendant, depuis l’été dernier, le couple propose un atelier sur « les pains du Temple », atelier qui, selon son « créateur » connaît un franc succès.

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