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21 Mars 2019 | 14, Adar II 5779 | Mise à jour le 21/03/2019 à 18h35

Rubrique Communauté

Heureux comme un senior en Israël ?

Le changement de pays, tout séduisant soit-il, n’est pas sans conséquence au quotidien. (DR)

Prendre sa retraite en Israël est un projet qui peut faire tenir pendant ses années d'activité, mais il y a aussi des réalités à prendre en compte.

Pour les seniors indépendants, l'Alyah sera surtout l'occasion de créer un nouveau tissu social et de se rapprocher des enfants et petits-enfants. Mais pour ceux qui ont déjà perdu une partie de leur autonomie, la question est plus compliquée. Les systèmes français et israéliens sont différents. En Israël, c'est le Bitouah Leumi, l'Assurance Nationale qui détermine le degré de dépendance et le niveau d'aide qui sera attribué. L'aide à la personne est assurée par une seule personne, quand en France elle se partage entre auxiliaire de vie, aide ménagère et infirmière. Il faut bien sûr prendre le statut d'immigrant pour prétendre à la prise en charge, qui variera aussi selon les revenus mensuels, avec un plafond de 14 900 shékels pour une personne seule et 22 300 shékels pour un couple. 

Il n'y a pas de maison de retraite francophone en Israël, mais seulement des établissements qui accueillent plus de résidents francophones dans certaines villes mais sans nécessairement proposer un personnel parlant le français. Ilana, de l'association Babaït, a l'habitude de recevoir des appels de futurs olim de France qui veulent savoir ce qui les attend. « Parfois ce sont les retraités eux-mêmes qui me contactent. Parfois, ce sont leurs enfants, encore actifs, qui veulent faire l'Alyah mais qui redoutent de laisser leurs parents âgés derrière eux. Leur intention est louable, mais je les mets toujours en garde : leurs parents ne sont pas toujours prêts à quitter leur vie en France. Les déraciner sans leur accord peut entraîner de véritables drames familiaux », explique l'assistante sociale qui dirige la branche francophone de l'association israélienne, spécialisée dans l'aide aux retraités.


Des dispositifs parfois complexes

« J'explique toujours que le système israélien n'est pas un copié-collé du système français. Il faut réajuster ses attentes », recommande Ilana. Son association est devenue un point de ralliement pour les olim seniors mais aussi l'interlocuteur privilégié des institutions israéliennes, hôpitaux, caisses de maladie, quand elles doivent s'adresser aux immigrants retraités. Mais pour Babaït, le principal défi reste celui du recrutement pour faire face à la demande. « Il est très difficile de trouver des Metaplim (auxiliaires de vie) francophones. Les salaires ne sont pas très élevés. En revanche, l'employé peut travailler en fonction de ses disponibilités. Un bon moyen de se lancer dans la vie active quand on ne maîtrise pas encore l'hébreu ». 

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