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17 Juillet 2019 | 14, Tammuz 5779 | Mise à jour le 12/07/2019 à 14h19

Rubrique Communauté

Diana-Paola Lévy : « Si la femme est le pilier du judaïsme, il faut garantir sa dignité »

Avec Rivka Lasowski, vice-présidente mondiale de la Wizo

Maman et chef d’entreprise dans le secteur de la communication, Diana-Paola Lévy a pris ses fonctions le 8 janvier dernier à la présidence de Wizo-France pour laquelle elle nourrit les plus grandes ambitions.

Actualité Juive : Que représente la Journée internationale des droits des femmes pour une organisation comme la Wizo ?

Diana-Paolo Levy : La Wizo a été créée en 1920 avant même que la Journée mondiale des droits des femmes ne soit reconnue par les Nations unies en 1977. Cette Journée est un moment de sensibilisation sur les droits des femmes et nous concernant, sur deux sujets en particulier : la souffrance dans la détresse des femmes battues en partenariat avec l’association NOA, et les femmes dans l’incompréhension de la non-obtention de leur divorce religieux. C’est une grande incompréhension de devoir attendre autant une répudiation qui, au final, ne devrait rien coûter à l’homme mais qui devient souvent une mesure de pression et de chantage qui éclabousse par ailleurs bien plus que la femme. Aujourd’hui, les générations nous regardent et je souhaite que la Wizo ait un rôle pacifique auprès des hommes pour aider à la médiation, au dialogue et à l’apaisement. 


A.J.: Comment espérerez-vous faire progresser ces droits des femmes à leur dignité ?  

D.-P. L. :  C’est le combat des femmes de la Wizo d’être ancrées et engagées pour l’amitié et contre les injustices faites aux femmes et aux enfants. Dans ce monde où tout est possible - la guerre, l’amour, la casse - si on veut avancer, il faut faire les choses « avec » et pas « contre ». Je suis déterminée à œuvrer pour libérer la parole des femmes et ceux qui me connaissent savent que je ne lâcherai rien, ni sur le divorce religieux, ni sur la protection des femmes battues. Mon mandat est de quatre ans. Les deux premières années, nous agirons avec dignité, respect et sans éclaboussure pour faire bouger les lignes car il le faut, et nous devons le faire tous ensemble. Quand j’observe les femmes en attente de leur guet et la durée des divorces civils qui est extrêmement longue, justifiée ou pas d’ailleurs souvent pour des problèmes d’argent et/ou d’ego, cela m’interpelle considérablement sur notre communauté. Peut-on préserver nos valeurs ? Si la femme est le pilier du judaïsme, peut-on préserver notre identité, c’est-à-dire aussi sa dignité et celle des enfants ? Ces hommes se souviennent-ils du ventre duquel ils sont sortis et voudraient-ils de tels agissements contre leurs filles ou leurs soeurs ? J’ai désormais une grande responsabilité pour ces femmes. Depuis janvier, j’ai lancé trois commissions dont une sur le guet qui réunit cinq femmes extraordinaires et déterminées à agir. Elles sont toutes mariées, âgées de 30 à 75 ans et comme moi, elles veulent ouvrir des portes.  


A.J.: Comment définiriez-vous le féminisme qui vous engage en faveur des femmes ?

D.-P. L. : Je ne me retrouve pas dans les valeurs du féminisme pur tel qu’on l’entend. Le « w » et le « z » de Wizo traduisent l’engagement d’un groupe de femmes sionistes partout dans le monde qui oeuvrent pour les jeunes filles et les jeunes garçons, qu’elles soient juives ou pas. Je veux saluer d’ailleurs à ce sujet l’engagement des femmes non-juives et profondément sionistes qui m’ont rejoint lors de ma campagne qui ont non seulement adhéré à la Wizo mais qui souhaitent s’y impliquer aujourd’hui au regard des événements actuels. 


A.J.: Quels sont les événements prévus à la Wizo le jour du 8 mars ? 

D.-P. L. :  Nous recevrons l’Ambassadrice d’Israël en France, S.E. Aliza Bin-Noun dans une cadre très privilégié, l’ancien bureau de Marcel Proust, pour une table-ronde sur le thème de la liberté et l’engagement en présence de wizéennes et de femmes sionistes juives et non-juives. Nous aurons ensuite la chance, puisque le 8 mars tombe un chabbat, d’être reçues par le grand rabbin de France et son épouse qui nous a beaucoup aidé à organiser un chabbat Wizo à Moadon et dans la grande synagogue de Boulogne où nous recevrons la vice-présidente mondiale de la Wizo, Rivka Lasowski. Ce chabbat sera celui du lancement de notre projet Un jour, une femme qui mettra en avant les parcours singuliers de femmes par des femmes et/ou des hommes… qui parlent aussi très bien d’empowerment féminin ! 

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