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22 Septembre 2019 | 22, Elul 5779 | Mise à jour le 20/09/2019 à 14h02

Rubrique Communauté

Une première au Mémorial de la Shoah : remise des Prix de la Fondation Ernest et Claire Heilbronn

Claire Podetti, enseignante d'Histoire avec ses élèves. (DR)

A l’occasion du 75e anniversaire du départ du convoi 69 a été auguré le 7 mars au Mémorial, la remise des Prix de la Fondation Ernest et Claire Heilbronn, en mémoire de ce couple de Juifs français, qui avec leur fille Marcelle Heilbronn, épouse Chevalier, furent du nombre des victimes de ce convoi parti le 7 mars 1944 pour Auschwitz-Birkenau.

Créée par les descendants de la famille, sous l’égide du Mémorial, cette Fondation « a pour vocation de récompenser celles et ceux, qui, par leur travail et leur recherche, contribuent à l’histoire des Juifs en France, l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, et l’histoire de la Seconde guerre mondiale. »

Après l’ouverture de cette soirée par Jacky Fredj, directeur du Mémorial, François Heilbronn, vice-président, évoqua la mémoire de ses arrière-grands-parents, Ernest Heilbronn, né en 1867, et Claire, née Goldschmidt, en 1872 à Paris, et leur fille Marcelle née en 1893, catholique par son mariage, appartenant à la  bourgeoisie israélite, fervents patriotes Français dont le fils aîné Pierre, Chevalier de la Légion d’Honneur, tomba sous les balles de l’ennemi en juin 1940, et le fils cadet Jacques, engagé volontaire, grièvement blessé en 1918 fut décoré de la Médaille Militaire et de la croix de guerre. C’est ce que devait rappeler Ernest Heilbronn dans une lettre très digne en date du 12 juillet 1941 au Préfet de l’Isère, après la loi portant statut des Juifs du 2 juin 1941, et qui malgré les états de service rendus à la Patrie fut arrêté et déporté avec sa femme et sa fille. Après avoir présenté le Jury, en rendant hommage à Florence Dollfus-Heilbronn, fille de Jacques, fondatrice des Prix, décédée le 28 juillet 2018, François Heilbronn invita son père, Hubert Heilbronn à lire la lettre que lui adressa son grand-père Ernest, le 24 août 1943, avant son arrestation, à l’occasion de son 12ième anniversaire. Après la lecture de cette lettre-héritage émouvante, le premier Prix, (une bourse de doctorat doté de 9000 euros) fut remis à Delphine Richard, pour son travail édifiant sur « les prisonniers de guerre de France 1940-1945. » Le 2e Prix, (de l’Education contre le racisme et l’antisémitisme, doté de 5000 euros) fut remis à Claire Podetti, enseignante et à sa classe du Collège Charles Péguy de Palaiseau pour leur recherche autour du « convoi 77 » croisant « le destin de Lucienne et Denise Klotz », ainsi que celui du « résistant Léo Cohn », en lien parental avec les Heilbronn. Quant au 3e Prix, doté de 3000 euros, il fut remis par Pierre-François Veil à Dominique Missika pour son essai : « Les inséparables, Simone Veil et ses sœurs », publié au Seuil, dans lequel, comme le souligna Pierre-François Veil, on  voit combien les sœurs Jacob étaient liées aux Heilbronn. Lors de cette remise des Prix, chacun des lauréats présenta son précieux et salutaire travail pour le grand intérêt de l’assistance. Un grand moment de fidélité familiale et didactique ! 

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