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18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Communauté

Rébecca Stella : « Avec Yaël, nous n’acceptons pas la fatalité »

(DR)

La comédienne Rébecca Stella et sa fille Yaël ont été les visages de la dernière campagne de sensibilisation sur le diabète au féminin du groupement de pharmaciens « Espace Diabète ». Elle raconte le quotidien de sa petite de 10 ans qui a un diabète de type 1.

Actualité Juive : Pourquoi avez-vous accepté de porter cette campagne de prévention ?  

Rébecca Stella : J’ai d’abord demandé à Yaël si elle acceptait de prêter son visage pour cette campagne qui cherchait à sensibiliser sur le diabète au féminin tout en envoyant un message positif qu’il était possible de vivre avec un diabète de type 1 au quotidien. J’ai pensé que cela pouvait être, pour elle, un moyen d’assumer sa différence. Yaël est en CM1 et part à l’école tous les jours avec une pompe à insuline collée sur elle. Mais elle a fait de cette différence une force. Je lui ai proposé cette campagne pour qu’elle puisse en parler en tant que jeune fille qui deviendra une femme, et se faire l’écho d’un discours car beaucoup de choses fausses sont dites sur le diabète. 


A.J.: Lesquelles ?

R.S. : Les gens confondent le diabète de type 1 et 2 car ils portent le même nom. Le diabète de type 2 est une maladie qui se met en place avec le temps, à force d’avoir bien mangé et bien profité, le pancréas se fatigue. Mais le diabète de type 1, c’est la faute à pas de chance. Un coup du sort. C’est une maladie auto-immune qui n’est pas héréditaire mais génétique. Cette méconnaissance sur les deux diabètes induit des réflexions culpabilisantes vécues comme une injustice, surtout par les enfants. Yaël a pu entendre qu’elle avait été trop gourmande, qu’elle avait mangé trop de sucre mais cela n’a rien à voir avec le sucre. Il y a une grande désinformation sur ce diabète. 


« Sensibiliser sur le diabète de type 1 »


A.J: Comment vit-elle sa vie de petite fille ? 

R.S. : Comme une funambule. Elle est toujours sur un fil. Yaël sait exactement quoi faire et quelle dose s’injecter en cas de crise, mais on ne sait jamais comment la journée va se passer et chaque jour est une victoire. La maladie a fait d’elle une petite fille plus mûre. Elle se sent souvent en décalage avec ses camarades qui n’ont pas les mêmes enjeux vitaux au quotidien. Elle a aussi développé une attitude revendicative. Quand elle entend des choses fausses sur le diabète à l’école ou ailleurs, elle réfute et tape du poing. Elle voit les choses de façon positive. 


A.J.: Vous aussi, avec vos pièces de théâtre sur la maladie. 

R.S. : Avec Avela Guilloux, une amie des cours Florent qui a aussi un enfant avec un diabète de type 1, nous avons en effet créé des pièces de théâtre. Nous ne voulions pas de narration plaintive mais mettre en mots avec un langage sensible, notre quotidien de maman d’enfants diabétiques. Dans Les Iles Désertes, nous racontons les aventures de Léa, 9 ans, à qui on annonce qu’elle a un diabète de type 1. On a eu la chance de jouer la pièce deux saisons d’affilée au Lucernaire avant de partir en tournée. Nous avons ensuite fait grandir Léa dans Les éclipses qui, adolescente, vit d’autres problématiques. Aujourd’hui, nous écrivons la suite, Léa arrive dans sa vie de femme. 

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