Default profile photo

20 Juillet 2019 | 17, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Culture/Télé

Il est libre Val

Son enfance, ses amis, ses amours, ses emmerdes…

Faut-il qu’il ait le cuir aussi épais que son livre pour avoir, sans faillir, enduré tant d’attaques et pour parvenir aujourd’hui, sentant que « les contours de la réalité lui apparaissent avec précision », à évoquer l’enfer de son quotidien protégé 24 heures sur 24. Serait-il du même bois que son Zola qui, au lendemain de la publication de « J’accuse ! », réclamait au directeur de l’Aurore les lettres des abonnés, ajoutant : « J’aime les injures » ? Peut-être partage-t-il avec lui la conviction -ou la consolation- qu’il faut à chacun son lot d’ennemis pour vérifier la cohérence de son éthique, la force de son courage et l’irréductibilité de sa liberté… Il fallait bien, en tous cas, ces quelque 900 pages pour raconter l’époque vécue tour à tour en tant qu’enfant battu, humoriste, auteur-compositeur-chanteur, chansonnier (Font et Val), éditorialiste, patron de Charlie Hebdo puis de France Inter. Un peu de chacun revendique sa part du « roman de sa vie ». Vilipendé pour ses prises de positions, présenté par ses détracteurs comme un patron autoritaire, Val doit la plupart de ses inimitiés au soutien qu’il a souvent exprimé envers Israël et à son rejet viscéral de toute forme d’antisémitisme. C’est la faute à Zola… Il serait regrettable que ce récit dont son ami Nougaro aurait savouré « la chair » pâtisse d’une animosité rancunière privant les malveillants d’un authentique moment de grâce que les lecteurs sincères sauront apprécier à sa juste valeur. 


Philippe Val, « Tu finiras clochard comme ton Zola » Ed. de l’Observatoire, 866 p, 24,90 euros

Powered by Edreams Factory