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20 Mai 2019 | 15, Iyyar 5779 | Mise à jour le 17/05/2019 à 13h36

Rubrique France/Politique

Journée de la Femme : une égalité légitime

Il y a quelques jours, pour marquer la journée de la femme, des dirigeantes économiques israéliennes de premier plan ont ouvert la semaine boursière à la Bourse de Tel-Aviv. Il faut dire que les Israéliennes sont de plus en plus nombreuses à contribuer à l'économie du pays.

Bien que minoritaires sur la scène politique pour cause de machisme, - mise à part Golda Meir Premier ministre de 1969 à 1974 - elles s'imposent à la tête du secteur bancaire et de nombreuses start-up. C'est pourquoi le prestigieux magazine économique américain Forbes a choisi d'organiser, du 31 mars au 4 avril, sa toute première conférence internationale des femmes en Israël. 

Il semble qu'aujourd'hui la journée Internationale de la Femme est plus pertinente que jamais. L'année dernière la campagne MeToo a ranimé la conscience des violences faites aux femmes dans la sphère publique et privée. L'égalité des sexes n'est pas encore de mise dans nos sociétés, notamment dans le monde du travail. Et dans certains pays on refuse encore aux femmes la liberté fondamentale de mouvement. Les crimes d'honneur existent toujours. Dans certains pays obscurantistes, dont certaines siègent au Conseil des Droits de l 'Homme de l'ONU, des femmes sont encore arbitrairement fouettées voire lapidées. 

En Israël, de nombreux évènements vont rythmer cette journée dont une conférence sur le rôle des femmes à la période du Temple. Avec une question : quel est le pouvoir spécial des femmes en prévision de la Guéoula ? Il paraît qu'il est grand. 

Cette journée est aussi l'occasion de mettre à l'honneur des femmes héroïques. Le site en français de Yad Vashem propose une exposition sur celles qui ont sauvé la vie de Juifs au risque de la leur (voir page 14). Irena Sandler ou Mila Racine. Et pour connaître l'origine de cette Journée, faites un tour au square Clara Zetkin dans le 13e Arrdt de Paris. C'est sur l'instigation de cette révolutionnaire féministe juive, figure de proue de la 2e et 3e Internationale, députée au Reichstag, que l'Internationale Socialiste des Femmes célèbre le 8 mars 1911 la première Journée internationale des femmes. Il s'agit de promouvoir l'émancipation et le droit de vote des femmes. Mais aussi de dénoncer les discriminations au travail… toujours d'actualité. Pour un travail identique les femmes gagnent en général toujours moins que leurs collègues masculins. C'est à Clara Zetkin, en tant que doyenne du Reichtag, que revient la tâche de prononcer le discours inaugural au lendemain de l'accès au pouvoir d'Hitler. Devant une assemblée de chemises brunes elle appelle à s'opposer au nazisme. Et il semble bien que féminisme rime avec judaïsme. De nombreuses femmes juives se sont engagées dans ce combat, proportionnellement plus que les autres. Ernestine Potowski Rose, une figure majeure du mouvement pour les droits des femmes aux Etats-Unis au 19e siècle. L’anarchiste russe Emma Goldman, la première à promouvoir le contrôle des naissances. Betty Friedan, l'une des fondatrices du mouvement féministe moderne aux Etats-Unis. En France, Cécile Brunschvicg, au début du 20e siècle, défend le droit au travail et l'égalité des salaires des femmes avant de devenir, en 1936, l'une des trois premières femmes à faire partie d’un gouvernement français, celui de Léon Blum, alors qu'elles n'ont pas encore le droit de vote. Sans oublier bien sûr Simone Veil, qui bien que rejetant l'étiquette de féministe, a tant fait pour la liberté des femmes.

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