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20 Juillet 2019 | 17, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique France/Politique

Retour de Djihadistes détenus en Syrie : Quid de l’attitude de la France à l’égard de ses revenants ?

Après les Tweets de Donald Trump intimant aux Européens de rapatrier leurs ressortissants retenus en Syrie avant le retrait des États-Unis, chaque pays du Vieux continent semble se diriger vers une position individuelle. Ce qui en dit long sur l’absence d’harmonisation européenne, à la fois en matière de politique étrangère et de gestion de la question terroriste.

Qui fera quoi ? C’est en substance la question que les ministres européens des Affaires étrangères réunis en conseil le 19 février dernier devaient se poser après l’envoi, le week-end précédent, de deux tweets de Donald Trump annonçant sans ambages le retrait progressif de ses troupes de Syrie et prévenant que « s’il n’y a[vait] pas d’alternative », ils seraient forcés de libérer les ressortissants européens partis rejoindre l’État islamique et aujourd’hui détenus par la coalition arabo-kurdes des Forces Démocratiques Syriennes. Cela concernerait quelque huit cents djihadistes issus d’une cinquantaine de nationalités différentes auxquels il faut ajouter 1 500 enfants et 700 femmes répartis dans des camps de déplacés. Certaines sources estiment à 130 (une cinquantaine d’hommes et de femmes et des dizaines d’enfants) le nombre de ressortissants français qui se trouveraient sous l’actuelle détention des FDS.

Frederica Mogherini, la haute représentante pour la politique extérieure de l’Union Européenne a ainsi bien dû reconnaître à l’issue de ce conseil que « le retour des ressortissants européens ayant combattu pour Daesh relevait de la souveraineté de chacun des États membres de l’Union », tout en appelant de ses vœux une « approche commune ». Un appel pas tout à fait entendu. Plusieurs pays ont d’ores et déjà fait savoir l’attitude qu’ils comptaient adopter à l’égard de ces terroristes. 


L’Allemagne et la France pourraient accepter le retour des djihadistes


Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède ont d’emblée annoncé qu’ils rejetaient l’idée d’un retour à l’intérieur de leurs frontières estimant que ces détenus devaient être jugés sur les lieux de leurs crimes. La Suède a de plus rappelé qu’elle n’était pas en capacité sur le plan pénal de juger ces djihadistes. La Belgique a évoqué la possibilité de créer un tribunal international pour les djihadistes étrangers. Une juridiction à l’image de celles qui avaient été mises en place après le génocide perpétré au Rwanda et la guerre en ex-Yougoslavie. Vu l’absence d’unité en matière européenne, il semble peu probable que cette option soit retenue. L’Allemagne et la France ont quant à elles laissé entendre qu’elles pourraient accepter le retour des djihadistes sur leur sol, à condition qu’ils soient traduits en justice dès leur arrivée. C’est-à-dire placés en garde à vue puis en détention provisoire en attente d’un procès. Une situation qui devrait être traitée au « cas par cas ». 

En France, la Chancellerie laisse toutefois entendre que rien n’est encore tranché. Un jugement en Irak des ressortissants français est toujours à l’ordre du jour en vertu du principe de « territorialité du droit pénal », c’est-à-dire du jugement des individus là où les faits ont été commis. Mais leur retour pose, parmi toutes les questions, celle de leur placement dans des quartiers d’isolement et de manière dispersée. Étant donné l’acclamation qui devrait les attendre  parmi les détenus radicalisés. 

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