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25 Août 2019 | 24, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique France/Politique

Ilan Halimi : l’arbre fort, l’arbre-vie, l’arbre abattu

Les événements récents m’encouragent à vous adresser ce texte que j’avais écrit dans mon ouvrage Etincelles d’hébreu sur l’Arbre. Je l’avais dédié à la mémoire d’Ilan Halimi, otage torturé et assassiné dans la banlieue parisienne car Juif ; mort le 13 février 2006. Son prénom hébreu Ilan signifie Arbre.

L’arbre est fort


La racine du mot hilan – arbre, exprime la notion  de force, puissance, grandeur. L’hébreu associe l’arbre à la puissance. En quoi l’arbre est-il fort ? C’est d’abord son aspect physique : il est grand, il peut s’élever très haut. Il peut vivre très longtemps. Son tronc est épais, ses racines volumineuses, longues, puissantes. 


L’arbre-vie 


La racine du mot hilan – arbre évoque un autre mot hel, Dieu. L’hébreu rapproche l’arbre de Dieu. Comment ? Outre leur point commun  sémantique « puissance-grandeur », une essence relie les deux : celle de la création. L’arbre, par sa vitalité pure et bonne, reflète la gloire du Créateur et de son oeuvre. L’arbre est probablement plus apte à chanter cette gloire que l’être humain capable de détruire l’oeuvre divine. 


L’arbre abattu  


Des créatures abominables, au comportement barbare, impitoyable, ont abattu l’arbre, ont coupé le tronc d’Ilan. Son élan de vie a été sectionné jusqu’au 15 du mois de chevat sur le calendrier hébreu. Au 15 de ce mois a lieu la fête juive du nouvel an de l’arbre appelé Roch-hachana la-hilan. C’est précisément le moment de la montée de la sève en Judée au pays d’Israël. Cette sève monte dans l’arbre, des racines à la cime, afin de préparer les bourgeons et les futurs fruits. Les barbares qui ont coupé l’arbre, qui ont abattu Ilan avec la promesse de ses fruits, ont assassiné un monde entier. 


Le Midrach embrasse l’arbre abattu, compatit avec sa souffrance et sa solitude : 


Lorsqu’on abat l’arbre fruitier, son cri va d’un bout à l’autre du monde, mais ce cri ne s’entend pas (Chapitres de Rabbi Eliézer)


Néanmoins, le cri de l’arbre abattu retentit dans l’espace. 

L’entendrons-nous ? L’embrasserons-nous ? 

Le Midrach nous raconte :


Lorsque Dieu créa le premier être humain,

Il l’a emmené voir tous les arbres du jardin d’Eden et lui a dit : « Regarde mes oeuvres comme elles sont belles et louables.

Tout ce que j’ai créé, c’est pour toi que je l’ai créé. 

Fais attention à ne pas abîmer et à ne pas détruire ma création, car si tu l’abîmes, il n’y aura personne après toi pour la réparer ». (Quoélet Rabba) 


Et comment réparer la destruction de l’arbre ? Peut-être en plantant sur cette terre des arbres qui produiront branchages et feuillages, qui porteront des fruits beaux et louables, qui chanteront la gloire  de la création. 


Puisse la mémoire d’Ilan être plantée dans ce monde, puisse  son âme trouver le repos au jardin d’Eden, parmi ses arbres.

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