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17 Octobre 2019 | 18, Tishri 5780 | Mise à jour le 10/10/2019 à 17h12

Rubrique France/Politique

Philippe Meyer : « Monsieur le président Macron : Assez de paroles ! Des actes concrets ! »

(DR)

Le billet de la semaine par Philippe Meyer, Président du B’nai B’rith France.

Les paroles sont belles. Quand le président Macron signifie que « l’antisionisme revêt les habits neufs de l’antisémitisme », il dit vrai. Quand il annonce que la France inclura l’antisionisme dans la définition de l’antisémitisme, suivant en cela la définition de l’IRHA, il rassure. 

Et pourtant. Cette définition amendée de l’antisémitisme n’aura rien de contraignant. L’antisionisme n’est pas une opinion comme une autre. En exprimant la négation du droit d’Israël à exister, il véhicule la haine anti-juive et doit être traité comme tel. Seule la pénalisation effective de l’antisionisme sera une réponse forte de nature à endiguer ce mal. 

Et pourtant. Les sites internet prônant la haine d’Israël et appelant à sa destruction, prolifèrent sans contrôle, sans réactions, sans sanctions. Seule une législation forte s’attaquant à la diffusion de la haine sur nos écrans pourra stopper cette dérive qui s’infiltre et alimente les passages à l’acte. 

Et pourtant. Les principales instances internationales demeurent le théâtre d’attaques systématiques contre Israël, à coup de votes à charge et de textes violents et mensongers, dictés par les Palestiniens et leurs alliés. Ce fut encore le cas récemment au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève, comme cela l’est régulièrement lors des assemblées générales de l’ONU et de l’UNESCO, avec le consentement d’Etats occidentaux cédant à la pression de dictatures et de régimes corrompus. Nulle part ailleurs on a vu des pyromanes dicter leurs règles aux pompiers. Seule une politique équilibrée et objective de la France et de sa diplomatie en la matière lui permettra d’être à la hauteur de son rang, d’être à nouveau influente dans la région, et de combattre avec courage cet antisionisme politique aux conséquences que l’on connait chez nous. 


« Seule la pénalisation effective de l’antisionisme sera une réponse forte»


Et pourtant. Les appels au boycott d’Israël se multiplient dans nos rues, dans nos universités, sur les réseaux sociaux. A Paris, à Montpellier, à Strasbourg, à Rennes et ailleurs, les rassemblements haineux contre Israël sont réguliers. Ici sur les places des marchés, là au cours d’une « semaine de l’apartheid israélien » aussi abjecte que provocatrice, ailleurs dans les locaux de lieux de savoir. Derrière les slogans, les banderoles et les tee-shirts crachant sur Israël, c’est la haine antijuive qui est portée en étendard. Ces scènes se déroulent en toute impunité, souvent à proximité des forces de l’ordre. Depuis la circulaire Alliot-Marie de février 2010 et la jurisprudence de la Cour de Cassation d’octobre 2015, le boycott d’Israël est pourtant illégal en France. Laisser ainsi bafouer ouvertement la loi, aux yeux et au sû de tous, pour des raisons fallacieuses et irrecevables mettant notamment en avant la volonté de ne pas envenimer la situation, n’est plus acceptable. Seule une volonté claire des pouvoirs publics de faire respecter la législation sera de nature à faire taire enfin ces porteurs de haine et de violence qui, en s’attaquant aux juifs, salissent les valeurs et les couleurs de notre pays. 

Alors oui, les paroles officielles sont belles, mais les actes politiques doivent désormais être à la hauteur. On ne peut plus dire vouloir combattre l’antisémitisme qui cible au quotidien les Français juifs et, en même temps, tolérer l’antisionisme dont ils ont à payer le prix fort. Un plan de lutte totale et implacable contre l’antisionisme doit, sans tarder, faire partie intégrante du sursaut national contre l’antisémitisme exprimé le 19 février dernier dans les rues de France, et dont on attend encore les décisions fortes et concrètes. Là comme ailleurs, la défense de nos valeurs républicaines et la nécessité de l’ordre républicain ne peuvent plus attendre. Ce n’est plus désormais pour nos responsables qu’une affaire de courage et de volonté politiques. 


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