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21 Mars 2019 | 14, Adar II 5779 | Mise à jour le 21/03/2019 à 18h35

Rubrique Israël

Elections : l'effet Mandelblit

Un israélien affiche son désir de voir Netanyahou quitter le pouvoir à Tel-Aviv le 2 mars dernier. (Flash90.)

L'intention du Procureur général de mettre en examen le Premier ministre israélien modifie la donne de la campagne électorale.

Les premiers sondages publiés depuis l'annonce du projet d'inculpation de Binyamin Netanyahou ont déjà traduit l'effet sur l'opinion de l'incertitude judiciaire qui plane sur le chef du Likoud. Le bloc de droite perd l'avantage qu'il détenait depuis le début de la campagne et ne totalise plus dans les intentions de vote que 59 sièges, alors qu'il en faut au minimum 61 pour assurer une majorité à la Knesset. Mais l'opinion n'a pas pour autant basculé en faveur du bloc centriste, qui ne parvient pas non plus à dégager une majorité claire, à cause des petits partis qui pourraient rester sous le seuil de représentativité. 

Pour ce qui est de la situation de Binyamin Netanyahou dans l'opinion, les enquêtes montrent aussi qu'elle se fragilise. Un tiers des Israéliens estime que le Premier ministre devrait démissionner immédiatement, contre un tiers qui considère qu'il doit attendre la confirmation de sa mise en examen, et un tiers ne se prononce pas.

La campagne entre donc dans une nouvelle phase qui exige des partis en lice de recalculer leur itinéraire vers l'échéance du 9 avril. Le patron du Likoud a évidemment été le premier à réagir dès l'annonce du Procureur général. Binyamin Netanyahou a dénoncé une tentative de la gauche de le faire tomber par d'autres moyens, « car elle sait qu'elle ne peut pas me battre dans les urnes ». Le chef du gouvernement israélien a mobilisé son premier cercle de fidèles pour lancer la contre-offensive publique. L'objectif est de convaincre que les soupçons qui pèsent sur le Premier ministre n'ont aucune base et que son audition suffira à les faire tomber, mais aussi de présenter Binyamin Netanyahou comme la victime d'une campagne hostile, orchestrée par une « gauche faible » et soutenue par les médias. 


Sa situation se fragilise


En attendant de savoir si cette stratégie sera fructueuse, à droite on continue à serrer les rangs autour du Likoud. Le leader de la Nouvelle Droite, Naftali Bennett, met de côté ses rancœurs personnelles contre le Premier ministre et en appelle au sens des responsabilités de son électorat. « Il faut soutenir Netanyahou pour le bien de la droite et le bien de l'Etat », martèle le transfuge du Foyer Juif. Officiellement, le bloc de droite assure qu'il recommandera le chef du Likoud pour former le prochain gouvernement. Mais le consensus pourrait commencer à se fissurer selon l'évolution de la campagne et des nouvelles révélations qui pourraient fuiter du dossier du Procureur.

Du côté de la liste Bleu et Blanc des candidats centristes, on joue la carte de la responsabilité politique. « Il n'y aura pas d'accord de coalition avec le Likoud », a affirmé Benny Gantz après la décision d'Avichaï Mandelblit, rejoignant ainsi la position prise bien avant lui par son allié Yaïr Lapid. A un peu plus d'un mois des élections, la liste centriste passe en tête, mais sans savoir avec qui elle pourrait former un gouvernement, ni même si elle aura le soutien suffisant pour le faire. L'effet Mandelblit rend la campagne plus confuse que jamais.

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