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21 Août 2019 | 20, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Israël

Mont du Temple : préserver le statu quo

Gilad Erdan (Flash90.)

Malgré les appels aux émeutes, les prières musulmanes de vendredi dernier sur le Mt du Temple se sont déroulées sans incident. L'évolution de la nouvelle crise dépend d'une décision du tribunal et des négociations avec la Jordanie.

Le ministre israélien de la Sûreté l'assure : « il n'y aura pas de nouvelle mosquée sur le Mont du Temple ». Mais la détermination affichée par Gilad Erdan suffira-t-elle à apaiser les tensions qui continuent de monter depuis bientôt près d'un mois ? Le 8 mars, la police de la capitale s'était déployée dans la vieille ville de Jérusalem pour prévenir tout débordement à l'issue des prières. Le mot d'ordre « Al Aqsa en danger » s'était répandu dans les médias et les réseaux sociaux, relayé par le Hamas qui comptait bien capitaliser sur cette nouvelle crise. Pourtant, les milliers de fidèles musulmans présents se sont dispersés sans incident à l'issue de la prière. 

   L'affaire de la « Porte de la Miséricorde » est le nouveau point de contention susceptible de raviver les violences sur le site le plus sensible de la région. Depuis que le Waqf a rouvert sans autorisation l'accès à une salle, scellée en 2003 sur décision de justice, pour avoir abrité les activités d'une organisation liée au Hamas, l'administration des lieux saints musulmans a repris son bras de fer avec les autorités israéliennes. La pièce est en permanence occupée par de  petits groupes qui l'utilisent comme lieu de prières. 

   Le tribunal de la paix de Jérusalem a été saisi, mais un contentieux aussi délicat ne pourra pas se régler sans une décision politique. Dès la fin février, le gouvernement israélien avait dépêché des émissaires à Amman pour négocier un compromis avec la Jordanie, qui a la tutelle du Waqf depuis les accords de paix. Ce premier contact n'avait pas abouti, mais les pourparlers se sont poursuivis, ce qui explique probablement que le vendredi 8 mars ait vu une mobilisation importante mais pas de violence. Les consignes vers le terrain ont été suivies.


Gilad Erdan : « Il n’y aura pas de mosquée sur le Mont du Temple »


Le roi Abdallah de Jordanie devait quant à lui profiter de sa visite à Washington cette semaine pour évoquer le dossier avec ses interlocuteurs américains. Le souverain hachémite a récemment ouvert à sept représentants de l'Autorité Palestinienne le comité directeur du Waqf, compliquant un peu plus des relations déjà très fébriles avec les autorités israéliennes. Le Waqf de son côté accuse Israël d'abus de pouvoir en affirmant que l'ordonnance de fermeture de la salle de la Porte de la Miséricorde n'était plus en vigueur et que les fidèles musulmans étaient à nouveau en droit d'y pénétrer. 


Le gouvernement israélien se trouve une nouvelle fois confronté à un épisode susceptible de raviver des tensions sécuritaires à l'intérieur et diplomatiques à l'extérieur. Il avait fallu de longs mois pour stabiliser la situation en 2017 après l'affaire des portiques du Mt du Temple, que la police avait dû retirer alors qu'elle venait de les installer pour la protection des fidèles musulmans, suite à l'attentat qui avait coûté la vie à deux policiers. Là encore, c'est Israël qui s'était vu accuser de violer le statu quo. 

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