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18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Israël

Violence sur tous les fronts

Les forces de sécurité israéliennes sur les lieux de l’attaque commise par le terroriste palestinien à Ariel.( Flash90)

Les trois points de contention du conflit israélo-palestinien se sont réveillés presque au même moment. A Jérusalem, le Waqf trouve le moyen d'ouvrir une nouvelle mosquée sur le Mont du Temple. En Judée-Samarie, un terroriste de 19 ans, abreuvé de haine, sème la mort sur son passage. A Gaza, les roquettes partent toutes seules quand les négociations ne se déroulent pas à la satisfaction du Hamas.

Rien malheureusement de nouveau ou de surprenant, mais il sera difficile de poursuivre la campagne électorale comme si de rien n'était. Cela ne signifie pas pour autant qu'il y ait un projet concerté de différents acteurs palestiniens pour influer sur le suffrage israélien, mais plus probablement une exploitation des circonstances. Si l'on regarde vers le front sud, en moins de 24 heures, la Bande de Gaza a offert un concentré de toutes les composantes de son mélange explosif. Dans la journée du 14 mars, les médias faisaient état de manifestations spontanées en plusieurs points du territoire côtier. Des Palestiniens descendaient dans la rue pour protester contre une nouvelle taxation des pitas et des cigarettes. Aux cris de « Iran ! Iran ! », les manifestants accusaient le mouvement islamiste de servir le régime de Téhéran au lieu de se préoccuper de la détresse de la population. Armés de gaz lacrymogène et de matraques, les miliciens du Hamas ont frappé les contestataires. Ils ont même tiré en l'air pour disperser la foule et arrêté près de 500 personnes. 

Quelques heures plus tard, Tel-Aviv était visée par deux roquettes tirées depuis le nord de la Bande de Gaza, au moment même où des émissaires égyptiens négociaient avec les dirigeants du Hamas la consolidation de la trêve avec Israël. A l'issue d'une nuit tendue, marquée par le tir de neuf roquettes contre l'ouest du Néguev et de frappes de riposte de l'aviation de Tsahal contre une centaine d'objectifs terroristes du Hamas, le calme était revenu. Le calme, mais aussi la stupéfaction. Le tir contre Tel Aviv était « erroné » ont affirmé en chœur le Hamas et Tsahal. On a du mal à croire que le protocole de lancement de deux roquettes Fajer, de fabrication iranienne et pouvant emporter plusieurs dizaines de kilos d'explosifs ait pu se produire par inadvertance, ni que de telles armes, fleuron des arsenaux du Hamas, aient été laissées à la garde d'adolescents impulsifs. La surprise a redoublé quand le mouvement islamiste annonçait l'annulation de la manifestation hebdomadaire sur la barrière de sécurité. 

Trois jours plus tard, le cabinet de sécurité israélien approuvait une série de mesures pour Gaza, comprenant notamment l'accord de principe pour l'extension de la zone de pêche, l'augmentation des exportations agricoles et du montant de l'aide étrangère. Difficile de ne pas voir dans ces gestes de bonne volonté la contrepartie d'un répit de la violence du Hamas, au moins jusqu'au 9 avril. Difficile aussi de ne pas penser que le mouvement islamiste palestinien sait lire le calendrier politique israélien et en faire un outil de chantage. 

Plus difficile encore d'imaginer qu'une telle décision ait été prise de gaieté de cœur par des ministres désormais en concurrence pour les législatives. Mais sachant que le problème sera toujours là après les élections, il était peut-être plus responsable d'opter pour un déroulement aussi serein que possible du scrutin démocratique.

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