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10 Décembre 2019 | 12, Kislev 5780 | Mise à jour le 04/12/2019 à 18h11

Rubrique Israël

Histoire : 40 ans de paix avec l'Egypte

Jimmy Carter entouré d’Anouar Sadate et Menahem Begin, heureux de la signature du traité de paix

C'est le 26 mars 1979 à Washington, que Menahem Begin et Anouar Sadate signaient le traité de paix entre Israël et l'Egypte. Quatre décennies plus tard, les deux peuples ne se sont pas rapprochés, mais la paix s'est enracinée.

La paix avec un Etat arabe. Les Israéliens ont attendu plus de trente ans de voir leur rêve se réaliser, grâce au courage du dirigeant égyptien, qui tombera sous les balles de terroristes islamistes deux ans plus tard et à celui du premier chef de gouvernement israélien de droite, qui a réussi là où la gauche avant lui avait échoué. Ce traité aura coûté l'abandon de la péninsule du Sinaï, l'évacuation dramatique de Yamit et beaucoup de couleuvres diplomatiques. Mais à aucun moment, cette paix froide n'a été remise en question. 

Pourtant, dès 1982, le retrait israélien du Sinaï que l'Egypte critiquait comme incomplet, puis l'éruption de la guerre du Liban ont rapidement altéré les relations bilatérales. Hosni Moubarak s'était alors aligné sur le reste des pays arabes dans ses déclarations anti-israéliennes, mais sans hypothéquer le sort du traité. Une position qui s'est répétée au fil des crises et conflits, notamment vis-à-vis des Palestiniens. 

Mais c'est paradoxalement à partir de la révolution du « printemps arabe » de 2011 que les relations entre les deux Etats ont été à la fois soumises aux plus grands défis et donné la preuve de leur solidité. Avec le renversement du président Moubarak par les Frères musulmans, le sort du traité semblait scellé. L'assaut quelques mois plus tard contre l'ambassade d'Israël au Caire, dont le personnel a échappé de justesse au lynchage, ne s'est terminé que grâce à l'intervention américaine, qui a exigé l'exfiltration des diplomates par l'armée égyptienne. L'élection de Mohammed Morsi à la présidence égyptienne de 2012 aurait pu également mettre fin à la paix, alors que son mouvement des Frères musulmans a toujours milité contre les relations avec Israël. Et pourtant, même durant son mandat, les deux pays ont poursuivi leur coopération sécuritaire, alors que Daech s'installait dans le Sinaï, où il représentait une menace pour les deux Etats.

Le coup d'Etat militaire de 2013, qui a vu l'accession au pouvoir du général Abdelfattah al Sissi, a encore renforcé l'alliance stratégique bilatérale. Israël a accepté l'entrée de l'armée égyptienne dans la zone démilitarisée du Sinaï en vertu du traité de paix, pour permettre à l'Egypte de lutter contre les djihadistes de Daech. Et le Caire est devenu un interlocuteur privilégié d'Israël dans la gestion de la confrontation avec le Hamas.

Les deux populations sont restées largement étrangères l'une à l'autre. Hormis les plages de la mer Rouge, les touristes israéliens ne s'aventurent guère en Egypte, tandis que les Egyptiens sont très peu nombreux à visiter Israël. Pourtant, le contrecoup de la révolution islamiste a échaudé une partie de la jeunesse égyptienne, qui n'est plus aussi empressée à accuser Israël de tous les maux. Si le chemin est encore long vers une véritable normalisation, il paraît un peu moins utopique. 

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