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18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Israël

Le Golan sur un Plateau

« Après 52 ans, il est temps de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Plateau du Golan », avait affirmé le chef de la Maison Blanche. (Flickr)

Cadeau électoral à Netanyahou ou signal à l'Iran, la décision du président des Etats-Unis de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Golan ne change rien sur le terrain.

Le 21 mars, en pleine fête de Pourim, l'annonce de Donald Trump a tout d'abord résonné comme une farce. Très vite pourtant, il a fallu se rendre à l'évidence : la déclaration du président américain, même sur Twitter, était bien authentique. « Après 52 ans, il est temps de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Plateau du Golan », avait affirmé le chef de la Maison Blanche. Binyamin Netanyahou, qui avait reçu un peu plus tôt le Secrétaire d'Etat américain, a été le premier à remercier le président américain pour son « audace ». En Israël, à quelques exceptions près, toute la classe politique a salué la position du président des Etats-Unis. 

Sur la scène internationale en revanche, les réactions étaient nettement moins enthousiastes. Sans surprise, l'Iran, la Syrie, mais aussi la Russie ont condamné l'annonce américaine. Damas dénonçait une violation « irresponsable » des résolutions du Conseil de Sécurité, faisant écho à la position de Moscou, qui mettait également en avant les décisions de l'Onu et espérait que le président américain n'officialiserait pas sa déclaration. L'Union Européenne quant à elle, a été claire : elle ne « reconnaît pas la souveraineté d'Israël sur les territoires occupés depuis 1967 » et ne suivra pas le président Trump dans son revirement concernant le Golan. 


L’Union Européenne ne suivra pas Trump


Pour Binyamin Netanyahou en tout cas, le message de Donald Trump a marqué l'aboutissement d'une longue campagne diplomatique en faveur de la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan, qu'il considérait comme vitale pour la sécurité nationale depuis l'éruption de la guerre civile en Syrie et plus encore depuis que l'Iran tente d'y établir une base avancée contre Israël. Le fait que l'annonce du président américain soit intervenue à moins de trois semaines des élections pourrait aussi lui valoir quelques points de plus dans les intentions de vote, même si Donald Trump se défend évidemment d'avoir cherché à influer sur le scrutin israélien.

Il semble clair toutefois que le chef de la Maison Blanche n'a pas mis son Secrétaire d'Etat dans la confidence. De même que pour son plan pour le règlement du conflit israélo-palestinien qu'il devrait rendre public après les législatives israéliennes du 9 avril, le président américain semble préférer avancer ses pions diplomatiques sans l'aide du Département d'Etat. Pourtant, la tournée diplomatique de Mike Pompeo, qui l'avait d'abord conduit au Koweït, avant de terminer par le Liban, était l'occasion de réaffirmer la ligne américaine anti-iranienne.

C'est en 1981, que la Knesset a voté la loi d'annexion du Plateau du Golan, conquis en 1967. Si la reconnaissance américaine, formalisée le 25 mars lors de la visite à Washington du Premier ministre israélien, ne devrait pas avoir de répercussion immédiate sur le plan stratégique, Donald Trump a en tout cas adressé un message à l'Iran. Face à l'acteur le plus dangereux du Moyen-Orient, il considère plus que jamais Israël comme essentiel à la stabilité de la région. 

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