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17 Novembre 2019 | 19, Heshvan 5780 | Mise à jour le 13/11/2019 à 17h43

Rubrique Israël

Représentation : une mosaïque de petits partis

(Flash90.)

Le système électoral israélien provoque une multiplication des petites formations et une dispersion des voix, malgré le relèvement du seuil de la représentation.

La composition de la Knesset se distingue par la cohabitation de deux tendances : une sorte de bipartisme, qui voit le plus souvent l'affrontement de deux grandes forces politiques, l'une du centre-droite et l'autre du centre-gauche. Elles réunissent ensemble près de la moitié des sièges. Et autour de ces deux grandes formations – cette fois-ci, le Likoud et la liste de Benny Gantz, Kahol Lavan – de nombreux petits partis sectoriels à gauche et à droite. 

Le système électoral israélien qui repose sur la proportionnelle intégrale favorise en effet un éclatement de la représentation politique. Pour tenter de lutter contre la multiplication des petites formations qui affaiblit les gouvernements, le seuil de la représentation a été relevé en 2015 de 2 % à 3,25 %, obligeant de nombreux partis à effectuer des regroupements. 

C'est ce qui s'est passé dans le secteur arabe en 2015. Ses quatre formations ont été contraintes de se regrouper au sein de la Liste arabe unie, pour assurer leur présence à la Knesset. La liste commune a obtenu 13 sièges, un record pour les formations arabes israéliennes.

Mais cette union assez hétéroclite, puisqu'elle regroupait des communistes, des nationalistes et des islamistes, s'est disloquée à l'approche du scrutin de 2019. Le parti communiste Hadash a formé une liste commune avec Taal, la formation d'Ahmed Tibi, et les deux autres partis – Balad et Raam – se présentent ensemble.  Selon les plus récents sondages la première liste devrait obtenir sept mandats et la seconde quatre. 

Meretz, la formation sioniste de gauche, dont la fusion avec le Parti travailliste avait été envisagée voilà quelques semaines, campe sur ses positions mais ne recueille, selon les sondages, que 4 à 5 sièges, tandis que les travaillistes se renforcent légèrement et sont actuellement crédités d'une dizaine de mandats. 


Une union hétéroclite

A droite la dispersion des voix est encore plus accentuée. Il y a d'abord les deux partis ultra-orthodoxes ashkénaze et séfarade, Yahadout Hatora et Shass, qui devraient obtenir ensemble 12 à 14 sièges à la Knesset. Leur soutien est en principe acquis au Likoud en raison des positions laïcistes de Yaïr Lapid, l'un des principaux dirigeants de Kahol Lavan.    

Dans le secteur sioniste religieux, scissions et regroupements se sont succédé au cours des dernières semaines. Tout a commencé avec le départ de Naftali Bennet et d'Ayelet Shaked qui ont quitté le Bayit Hayehoudi pour créer une autre formation, le Yemin HeHadash (Nouvelle Droite) regroupant des laïcs et des religieux. 

Les sionistes religieux appartenant à deux mouvances qui avaient formé une liste commune lors des précédentes élections, ont renouvelé leur alliance et intégré dans une Union des partis de droite, les Kahanistes d'Otsma Yehoudit, qui risquaient de ne pas obtenir suffisamment de suffrages pour entrer à la Knesset. 

Le nouveau parti Zehout de Moshé Feiglin semble avoir le vent en poupe puisque les derniers sondages le créditent de 6 sièges au parlement. Il prône un mélange assez déconcertant de nationalisme et de libéralisme avec notamment la légalisation du cannabis. 

Enfin, trois formations risquent de ne pas franchir le seuil de la représentation : Israël Beteinou d'Avigdor Lieberman, Koulanou de Moshé Kahalon et Gesher d'Orly Levy-Abecassis.

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