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21 Juillet 2019 | 18, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Judaïsme

Parachath Pékoudé 5779 : Pour réparer l’idolâtrie

Reconstitution du tabernacle dans le parc de Timna. (WIKIPEDIA)

Pékoudé est la dernière paracha de Chémoth, le second livre de la Thora. Elle nous décrit en détail la concrétisation des ordres relatifs à l’édification du Michkane, le Temple démontable du désert. Comme nous l’avons expliqué par ailleurs, le Michkane était le lieu de rendez-vous de D’ et des enfants d’Israël, mais nous ne devons pas oublier qu’il était aussi la réparation de la faute du veau d’or. Nous tenterons d’expliquer en quoi ce Temple pouvait réparer une dérive si grave.

Avant de comprendre le rapport entre cette faute et sa réparation, il nous faudra, au préalable, expliquer le concept d’idolâtrie. En hébreu, ce terme est rendu par l’expression « Avoda zara » qui signifie littéralement « Service étranger ». Nos Maîtres l’expliquent de la façon suivante : le Juif, à la différence des autres Nations, n’a été créé que pour servir D’. En d’autres termes, cela signifie que toutes ses pensées, ses paroles et ses actes ne doivent être orientés que vers ce but.


A profusion

Il en sera de même pour son argent, son temps, ou ses forces physiques qui ne doivent être consacrés qu’au service du Créateur. A partir du moment où, par exemple, un Juif affectera son argent à des besoins imaginaires ou inutiles au lieu de le donner à des nécessiteux ou bien encore qu’il consacrera son temps à des activités sans intérêt au lieu de s’approfondir dans l’étude de la Thora, dans la prière ou dans l’aide à apporter à un ami, il accomplira un « service étranger ». Il y a ici une sorte de double allégeance : en dehors de D’, il existe d’autres forces, d’autres centres d’intérêt. Imperceptiblement, son judaïsme sera imprégné d’idolâtrie. Il nous sera possible, à présent, de comprendre en quoi le Temple du désert vint réparer la faute du veau d’or. La parachath Pékoudé nous décrit tous les dons que fit le peuple pour édifier le Michkane. Chacun participa à profusion pour construire la maison de D’ en donnant tous les biens matériels possibles. En agissant de la sorte, ils montrèrent qu’un Juif était capable de consacrer à D’ tout l’aspect profane de son existence, contrebalançant ainsi la faute du veau d’or au cours de laquelle il avait offert à l’idole ses plus précieuses richesses. Avec le Michkane, le peuple passa de la rupture (provoquée par le veau d’or)  à l’unité.


Un élan unitaire

Mais le Michkane avait une autre fonction. L’idolâtrie (et en fait toutes nos fautes) a pour fondement la recherche du désir égoïste. Commettre une faute, en effet, c’est faire passer ses considérations personnelles, son confort et sa volonté avant la volonté du Créateur. Cette mise en valeur de soi entraîne inéluctablement une rupture avec l’autre. Simplement parce que plus on valorise son moi moins on devient capable d’accorder de l’attention aux besoins d’autrui. L’autre peut, à tout instant, nous gêner dans la satisfaction de nos désirs. Peut-on partager quand le désir de possession est fort et exclusif ? C’est ce que le Michkane venait corriger : l’offrande collective pour l’édification du Michkane mettait en valeur l’unité profonde qui existait au sein du peuple juif. L’élan unitaire venait réparer les divisions humaines que la faute avait engendrées.

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