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20 Juillet 2019 | 17, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Judaïsme

Parachath Vaykra 5779 : Le Juste, l’Homme moyen et le Méchant

Crédit : ARYE ARAZI

Comme tous les commandements divins, les sacrifices sont l’émanation d’une réalité spirituelle : il existe un principe dans les mondes supérieurs qui est l’idée de sacrifice et qui va se traduire ici-bas par l’offrande d’un animal. En tenant compte de cette correspondance, quel est, en Haut, l’équivalent du sacrifice animal ? C’est une idée qui est au cœur de la vie juive : elle consiste à déraciner l’animal qui est en nous pour l’anéantir. Pourtant, l’un d’entre eux fait exception à la règle. C’est le poisson, qui n’était jamais offert sur l’autel des sacrifices.

Globalement, l’espèce animale peut se diviser en trois catégories : les poissons, les oiseaux et les animaux sauvages ou domestiques. Le Talmud (1) affirme qu’il en est de même chez l’homme que l’on peut diviser en trois catégories : les Tsadikim (les Justes), les Bénonim (les hommes moyens) et les Réchaïm (les méchants). Cette comparaison, on l’aura compris, n’est pas fortuite. Elle correspond en fait aux animaux cités plus haut.


Maîtriser ses pensées


Les poissons sont à mettre en parallèle avec les Justes parce qu’ils sont constamment dans l’eau, en dehors de laquelle ils ne pourraient pas vivre. Ce milieu est leur source de vie. Il en va de même pour un Juste qui a une conscience palpable de D.ieu qui est la racine de sa vie alors que les autres hommes croient être autonomes sur terre sans aucun lien de dépendance avec le Créateur. Les oiseaux correspondent aux hommes moyens. Dans la tradition hassidique les hommes moyens, les Bénonim, sont des individus qui possèdent un mauvais penchant mais qui sont capables de maîtriser leurs pensées, leurs paroles et leurs actions pour qu’elles ne prennent jamais le chemin du Mal. Ils peuvent, durant la prière atteindre un degré d’attachement à D.ieu qui dépasse largement celui atteint par le commun des mortels. On comprend aisément le rapport avec les oiseaux qui possèdent la faculté de quitter la terre pour s’élever dans les airs, allusion aux hommes moyens qui peuvent parfois (durant la prière) atteindre des niveaux élevés dans leur spiritualité. Quant aux gens méchants, appelés Réchaïm, il s’agit de Juifs attachés au Mal qui, comme les animaux qui leur correspondent, ne peuvent pas s’élever vers D.ieu du fait du poids de leurs fautes. 


Vider le sang


On peut comprendre à présent pourquoi le poisson n’était jamais offert sur l’autel des sacrifices. Il correspond au Juste qui est arrivé à anéantir son âme animale. Tout son être est consacré à D.ieu. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le poisson n’a pas besoin d’être égorgé pour être consommé. Par contre, des oiseaux et des bovins pouvaient être offerts en sacrifice car les catégories d’hommes qui leur correspondent ont encore du Mal en eux. Or le Mal, ici, est symbolisé par le sang qui représente la vitalité pour le Mal. Offrir un sacrifice signifie vider l’animal de son sang. Et c’est le but qui doit animer notre existence : nous départir de l’enthousiasme et de la chaleur que nous investissons dans les plaisirs du monde pour se consacrer exclusivement à la volonté de D.ieu. 


Note

  1. Traité Béra’hoth, p.61a
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