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17 Octobre 2019 | 18, Tishri 5780 | Mise à jour le 10/10/2019 à 17h12

Rubrique Judaïsme

Prières et unité

La communauté mobilisée pour éviter le Pour

(Flash90.)

Le grand rabbin de Perse Mordehaï benYaïr, a relayé l’appel d’Esther aux Juifs répartis à travers les 127 provinces du royaume, et en appelle à l’unité communautaire autour de la prière.

On pressentait la nature antisémite d’Haman l’Agaghite, placé depuis plusieurs semaines déjà à la plus haute dignité du royaume et auquel le roi Ahachvéroch a attribué un siège au-dessus de tous les seigneurs attachés à sa personne. Les décrets, absolument infâmes qu’il vient de faire rédiger par les scribes du roi et sur lesquels il est parvenu à apposer le sceau royal (ce qui les rend irrévocables) viennent, hélas de la confirmer. 

Adressés aux satrapes du roi, aux gouverneurs de chacune des cent vingt sept provinces du royaume de Perse (qui s’étend de l’Inde à l’Éthiopie) et aux seigneurs de chaque nation, en conformité avec le système d’écriture de chacune d’entre elles, ces décrets ordonnent de  « détruire, exterminer, anéantir tous les Juifs – jeunes et vieux, enfants et femmes – en un seul jour, à savoir le treizième jour du mois d’Adar [dans onze mois donc NDLR], et de faire main basse sur leur butin ». Selon nos informations, le roi Ahachvéroch et Haman se seraient, suite à l’envoi de ces décrets, attablés pour boire, tandis que la ville de Suse, capitale du royaume, est plongée dans la consternation. 

 Une consternation compréhensible en effet, tant le roi ne semblait pas nourrir jusqu’à présent des sentiments particulièrement hostiles à l’égard de ses sujets juifs. Visiblement conscient que la Perse, sans les Juifs, ne serait plus la Perse, le roi aurait même tenté de s’opposer à la volonté d’Haman. Ce dernier serait toutefois parvenu à convaincre Sa Majesté que notre nation, disséminée parmi les autres nations serait constituée de personnes qui   « mangent et boivent entre eux », qui « n’épousent pas les filles du pays » et qui seraient « peu débrouillards et paresseux (sic) » étant donné notre observance de notre jour de repos hebdomadaire. 

  Pour le grand rabbin de Perse Mordekhaï benYaïr, la promulgation de ces décrets, aussi inquiétants soient-ils, doit nous faire réagir, à la fois intellectuellement et spirituellement. Nous l’avons rencontré à l’issue d’une réunion qu’il tenait avec de jeunes étudiants. Pour ce fils de la tribu de Benyamin l’avenir des Juifs en Perse demeure, malgré les lourdes menaces qui pèsent, une « certitude ». « Les Juifs ont participé à l’édification de ce royaume, affirme le grand rabbin, il s’agit à la fois de le rappeler aux autorités et, nous-mêmes de montrer notre implication dans la cité ». Pour cela, il appelle tous les Juifs répartis à travers les cent vingt sept provinces à trois jours de jeûne et de prières intenses. Une façon selon lui, « d’implorer l’Éternel », de « produire de l’unité dans la communauté » et ainsi, « de reconstruire le lien social » si abîmé aujourd’hui.

Appeler la communauté à jeûner dès à présent pour trois jours, alors que la fête de Pessah doit démarrer demain est une décision bien entendu lourde d’implications. Jamais depuis ces quelque mille ans que nous célébrons notre sortie d’Égypte, nous n’avons renoncé à célébrer notre Seder. Les risques que notre communauté encourt aujourd’hui obligent à prendre des décisions courageuses et inédites. Il en va de notre avenir.  

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