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21 Mars 2019 | 14, Adar II 5779 | Mise à jour le 21/03/2019 à 18h35

Rubrique Monde juif

Italie : à quand l’ouverture des catacombes juives de la villa Torlonia ?

L’architecte Amir Genach dans les catacombes de la villa Torlonia. (DR)

Les travaux de restauration des catacombes juives de la villa Torlonia à Rome étant pratiquement terminés, il reste à savoir quand ce site sera ouvert au public.

En tout et pour tout, six « catacombes » juives ont déjà été découvertes à Rome (rien n’exclut, en effet, qu’il en existe d’autres). Parmi elles, se trouvent celles dites de la villa Torlonia utilisées entre le 3ème et 5ème siècle de l’ère commune par la communauté juive romaine d’alors et qui furent retrouvées, en 1919, sous le site de ladite villa. Pour la petite histoire, quelques années plus tard, en 1925 précisément, celle-ci, propriété du Prince Giovanni Torlonia, fut mise à la disposition de Mussolini pour un loyer symbolique. Ce, afin que le dictateur fasciste puisse disposer d’une somptueuse résidence romaine. 

Mais, revenons sous terre. Ces catacombes qui couvrent une surface de 13 000 m2 abritent quelque 3 800 tombes… et une foule d’informations sur la vie d’une communauté qui comptait, à l’époque, entre 40 et 50 000 membres dans la cité impériale. Ceci explique pourquoi, en 2017, le ministère italien de la Culture avait alloué 1,5 million d’euros pour restaurer le site. « Il s’agit d’un monument de la plus haute valeur historique et culturelle qui témoigne d’un temps où, dans la Rome antique, une grande communauté juive vivait dans la ville », avait, dit le ministre de la Culture d’alors, Dario Francescini.

Or, à peine les travaux envisagés, une question halachique s’était posée. « Selon la halacha, les corps doivent rester enterrés, a expliqué le Grand Rabbin de Rome, Ricardo di Segni au journal Times of Israel Nous avions besoin de trouver une solution qui prendrait en compte tant les besoins halachiques qu’archéologiques ». Pour ce faire, il fut décidé de contacter Amir Genach, un architecte du patrimoine israélien qui, avec son entreprise, a travaillé dans plusieurs projets du même type, dont la nécropole de Beit Shearim en Galilée. 

« La première fois que j’ai visité ces catacombes, j’ai trouvé un désastre: littéralement des milliers de tombes ouvertes, des restes humains exposés. Certains des portillons fermant les tombes creusées dans les murs s’étaient effondrés, raconte-t-il. Mais en même temps, nombre de chambres et de corridors laissaient voir des fresques et des inscriptions incroyables ». Qui ont, par exemple, montré qu’il y avait, à Rome, des communautés regroupées autour de douze synagogues différentes dont certaines, un temps, furent destinées aux juifs exerçant la même profession.

 Nous avons expliqué que nous étions là pour parler au nom des gens enterrés dans ces catacombes, nos ancêtres, dit encore Amir Genach, et qu’il était important de s’assurer que leurs ossements seraient protégés et que l’on ne les utiliseraient pas pour des analyses scientifiques. Ainsi que les tombes encore fermées ne seraient jamais ouvertes ». Ayant reçu l’approbation des autorités italiennes en ce sens, une équipe de vingt personnes a, donc, passé toute une années à récolter les ossements éparpillés qui ont été placés dans un des couloirs non décoré, couloir qui a été scellé pour que les défunts ne soient plus jamais dérangés. 

Aujourd’hui, le site a été totalement fouillé. Il faut, désormais, le consolider et le restaurer afin qu’il puisse être ouvert au public. Si les fonds nécessaires ont déjà été débloqués, il y a encore certaines étapes bureaucratiques à passer. Ce qui fait que nul ne sait vraiment, aujourd’hui, quand les catacombes de la villa Torlonia pourront être vues par tous.

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