Default profile photo

15 Novembre 2019 | 17, Heshvan 5780 | Mise à jour le 13/11/2019 à 17h43

Rubrique Monde juif

Agounote : s’adapter à son « horloge biologique »

La congélation des ovocytes (DR)

Afin que les maris récalcitrants ne puissent plus exploiter le désir de leurs « épouses » d’avoir, plus tard, des enfants, une organisation américaine d’aide aux agounote offre, désormais, à ces dernières la possibilité de faire congeler leurs ovocytes. Et ce gratuitement.

Parmi toutes les stratégies déployées par les maris refusant de donner le guet à leurs épouses si celles-ci ne se plient pas à des demandes souvent exorbitantes, il y a celle qui consiste à « jouer sur leur horloge biologique »: c’est-à-dire manipuler leur peur d’être trop vieilles, une fois libres, pour avoir des enfants avec un éventuel nouveau conjoint.

Pour aider ces femmes enchaînées à ne pas céder au chantage, l’Organisation (américaine) for the Resolution of Agunot, soit ORA, leur offre, depuis quelques mois, un nouveau service. A savoir financer l’opération destinée à prélever et congeler des ovocytes, une opération dont le coût s’élève à environ 11 000 dollars (par cycle) aux Etats Unis. Selon Keshet Starr, la directrice exécutive d’ORA, cette initiative a été extrême-ment bien accueillie. « Nous avions un peu peur de présenter cette subvention aux agounote, a-t-elle dit à l’hebdomadaire « Jewish Week », parce que la question est tellement délicate. Mais, jusqu’ici, toutes les femmes ont été reconnaissantes en apprenant que cette option existait ». Même si, jusqu’ici, aucune n’en a profité.

 Concrètement, cette « opération » est menée conjointement par ORA et une clinique de Manhattan spécialisée dans cette procédure, clinique dénommée « Extend Fertility ». A l’origine de ce « partenariat » se trouve le Dr Bat-Sheva Lerner Maslow, une endocrinologue orthodoxe new-yorkaise qui travaille à « Extend »; et qui en a eu l’idée après qu’une patiente est venue explorer la procédure alors que son époux refusait de lui accorder le divorce religieux. « Elle ne voulait pas que son ex-mari joue avec ses problèmes de fertilité », explique l’endocrinologue. 

« Une femme qui ressent un manque de temps en matière de fertilité va être plus encline à dire: « OK, prends ce que tu veux », dit encore Keshet Starr. Les exploiteurs excellent pour identifier les points faibles et en profiter. Le désir d’une femme d’avoir des enfants, ou d’autres enfants, est l’un de ces principaux points faibles. Préserver toutes les options en matière de reproduction est essentiel pour prévenir ce type d’exploitation… Je pense, en outre, conclut-elle, que juste le fait d’avoir la possibilité de choisir, de retrouver une certaine maîtrise, rend le fardeau plus léger ». 

Powered by Edreams Factory