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26 Juin 2019 | 23, Sivan 5779 | Mise à jour le 24/06/2019 à 14h53

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Le micmac du Brexit

Theresa May veut croire qu'elle a encore une chance de réunir les 75 voix dont elle a besoin pour faire approuver son accord par le parlement. (Wikipedia)

La longue marche de Theresa May pour appliquer la sortie du Royaume-Uni de l'UE ressemble de plus en plus à un supplice. D'autant que ni Londres, ni Bruxelles ne semblent en mesure de trouver une issue.

Et si les Britanniques devaient voter aux élections européennes ? Ce scénario surréaliste pourrait bien se réaliser, si aucune solution n'est trouvée avant le 23 mai. La Première ministre n'a pas manqué de l'évoquer dans la tribune qu'elle a publiée le 17 mars dans le Sunday Telegraph, dans laquelle elle a aussi appelé ses collègues conservateurs et ses alliés irlandais du DUP à faire preuve de « patriotisme » et à soutenir son plan de sortie. 

A deux reprises déjà, Westminster a rejeté l'accord de Brexit, mais a aussi voté contre une sortie de l'Union sans accord. Et pour ajouter encore à la confusion, les parlementaires britanniques se sont également prononcés il y a quelques jours pour un report de la séparation, toujours fixée au 29 mars. Theresa May veut pourtant croire qu'elle a encore une chance de réunir les 75 voix dont elle a besoin pour faire approuver son accord par le parlement et éviter ainsi l'humiliation supplémentaire de se retrouver devant le sommet des 27, qui devront trancher sur le sort de son pays.

Il s'agit désormais de savoir si Londres pourra plaider un report technique du Brexit jusqu'au 30 juin ou un report plus long, dont la durée n'a pas encore été déterminée, puisqu'elle dépend d'une décision à l'unanimité des Etats membres de l'UE. Mais la confiance entre Londres et Bruxelles est déjà plus qu'entamée. A quoi servirait d'accorder un nouveau délai, s'il n'est pas assorti de garanties suffisantes pour l'Europe ? Quant à la classe politique britannique, elle peine à s'accorder sur un plan qui n'entraînerait ni un attachement indéfini à l'Europe, ni un nouveau référendum, ni une crise parlementaire qui conduirait à des élections générales anticipées.

Parallèlement aux efforts de la Première ministre, le chef de l'opposition Jeremy Corbyn tente lui aussi de réunir un consensus autour d'une motion de censure du gouvernement. Le leader Travailliste voudrait parallèlement faire adopter une motion qui soumettrait l'adoption de l'accord de retrait à un  nouveau référendum. Aucune des options envisagées ne semble pouvoir dissiper le sentiment croissant de confusion qui s'est emparé des Britanniques. La société est de plus en plus marquée par les divisions entre pro et anti Brexit, dont personne n'est capable de mesurer les effets. C'est d'ailleurs sur cette angoisse collective que mise Theresa May en brandissant le spectre du chaos qui accompagnerait la sortie sans accord, ou le maintien dans l'UE d'un pays qui n'en veut plus. 

Non seulement l'Europe a besoin pour sa propre cohésion de fixer une fois pour toutes la place du Royaume-Uni, à l'intérieur ou hors de l'Union. Mais les Britanniques eux-mêmes pourraient voir la cohésion et la stabilité de leur pays soumises à de nouvelles épreuves, si cette incertitude devait encore se prolonger.

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