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18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Communauté

Rav Yossef Pevzner : « Chaque juif possède un potentiel inouï et illimité »

Alors que les lycées Heikhal Menahem Sinaï (garçons) et Sinaï (filles) arrivent en tête du palmarès 2019 des lycées parisiens publié par le journal Le Parisien, nous avons demandé au directeur général des Institutions Sinaï la façon dont il définit la mission d’accompagnement qui incombe aux écoles juives.

Actualité Juive : Que signifie l’accompagnement d’un élève dans une école juive ?

Rav Yossef Pevzner : La notion d’accompagnement est directement liée à la notion de l’âme juive, de l’étincelle divine que chaque juif possède de naissance, quel que soit son milieu d’origine. En tant que ‘Hassidim, c’est une notion déterminante dans notre façon d’aborder un Juif. Chacun possède un potentiel inouï et illimité car il a en lui cette étincelle divine extrêmement puissante. À partir de là, notre travail consiste à faire aimer à chaque élève le fait d’être juif, d’en être conscient et fier pour lui faire prendre conscience qu’il a les moyens de réussir.

Mon père, le rav Hillel Pevzner (zl), fondateur des Institutions Sinaï, s’était opposé de la manière la plus catégorique à ce que l’on confonde école juive et boîte à bac.  En tapant du poing sur la table il ne cessait d’affirmer que «l’école juive c’est pour les Juifs » et que même des élèves faibles soient présentés aux examens officiels. En ce qui nous concerne, nous sommes restés strictement fidèles à ce principe. Il nous restait donc à s’investir à fond pour faire réussir tous nos élèves. Et depuis que le ministère de l’Éducation nationale classe les établissements en prenant en compte également d’autres facteurs que le simple pourcentage de réussites et de mentions, ce qui est Barouh Hachem notre cas, nous nous sommes trouvés en tête de palmarès. Je profite de l’occasion pour saluer le travail exemplaire de monsieur Philippe Tordjman et de madame Sterna Kalmenson, respectivement directeur du lycée Hekhal Menahem –Sinaï garçons et directrice du lycée Sinaï filles et celui de leurs équipes.

 

A.J.: Comment adaptez-vous l’accompagnement à chaque type d’élève ?

R.Y.P. : Si l’on parle des différences d’horizons religieux, tout est fait pour que d’une part chaque enfant se sente à l’aise et respecté en tant que tel et que, d’autre part, ceux qui viennent de milieux moins pratiquants puissent progresser à grands pas dans le judaïsme, le tout dans la joie. Cette Sim’ha est notre façon de concevoir l’Éducation. L’ambiance au sein de nos établissements est chaleureuse. Les surveillants sont avant tout perçus comme étant des grands frères ou sœurs, voire des confidents, qui sont là aussi pour écouter et soulager. Cela contribue à ce que chaque élève puisse se sentir bien dans sa peau et donc dans sa scolarité.

   En ce qui concerne le niveau intellectuel des élèves, chaque professeur s’investit complètement dans l’accompagnement des élèves, bien au-delà de ses heures de cours. Mais cet accompagnement ne serait pas efficace si l’élève ne s’accrochait pas. Or, pour qu’il s’accroche, il faut qu’il croie en ses capacités. À nous de leur donner confiance en eux-mêmes. Et cette confiance n’est pas qu’un discours. L’attitude de tout le personnel, et de toute l’école va dans le même sens : soyez fiers de ce que vous êtes, vous avez les capacités de réussir. Bien entendu, cela demande aussi des formations pour notre personnel.

 

A.J.: Comment s’organise l’accompagnement des élèves, de plus en plus nombreux, qui arrivent des  écoles publiques ?

R.Y.P. : Recevoir ces élèves qui quittent l’école publique n’était pas à l’origine la vocation de l’école juive, qui avait pour mission d’offrir l’enseignement juif à des familles qui ont fait le choix d’une école selon leur tendance religieuse. Recevoir des élèves qui à l’origine ne sont pas venus par projet, mais plutôt par rejet d’un système qu’ils fuient ou dans lequel ils étaient malmenés et souvent harcelés, n’était pas notre vocation. Cette mission suppose énormément de moyens, d’efforts et d’accompagnement, sans parler d’un écolage très réduit. Hormis le rattrapage des connaissances en Kodech, il faut aussi penser au rattrapage scolaire. Il s’agit souvent d’élèves qui sont en situation de difficulté voire d’échec scolaire, qui est la conséquence de l’ambiance hostile dans laquelle ils ont évolué dans leur précédente école. Tout cela demande beaucoup de patience, d’amour et de volonté pour les aider à remonter la pente et à prendre confiance et conscience de leur précieuse identité. Ainsi faisons-nous tout pour leur renouveler aussi souvent que possible nos encouragements surtout tout au long de leur première année de scolarité. Vu le nombre important des primo accédants, je regrette que le ministère de l’Education nationale, ne vienne pas  d’avantage en aide aux écoles juives qui ouvrent largement leurs portes aux élèves du public.

 

A.J.: Une classe ULIS Primaire  va ouvrir à la rentrée à l’école Sinaï du 18èmearrondissement. Une façon là aussi de donner du sens à la mission d’accompagnement ?

R. Y. P. : Complètement. Les institutions communautaires ont longtemps préféré fermer les yeux sur le cas des enfants ayant des difficultés à être scolarisés dans un cadre classique et qui se retrouvaient dans l’obligation de rejoindre un système scolaire non-juif. Or, c’est notre mission de leur permettre de profiter de notre enseignement.


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