Default profile photo

18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Culture/Télé

Le cinéma israélien est de sortie

Le cinéma israélien occupe de façon impressionnante les salles de l’Hexagone.

Si « M » (en salles) de Yolande Zauberman est le seul des films qui suivent à ne pas être israélien, son sujet l’est. Après quinze ans d’absence, Menahem Lang revient à Bnei Brak. Victime de pédophilie, son amour pour ce monde qu’il aimait se veut dans un esprit de réconciliation. Un film choc tourné en yiddish. Pour « Wall » (en salles), son premier documentaire, Moran Ifergan a passé un an dans la section des femmes du Kotel.  L’originalité de son film autobiographique s’exprime par des voix off qui relatent des conversations privées échangées sur des téléphones portables au Mur. Une façon de tendre un lien entre les intimes : le recueillement et la vie personnelle. Habitué depuis ses débuts de cinéaste à des récompenses, Nadav Lapid a reçu son plus beau Prix, l’Ours d’Or à Berlin pour sa mise en scène audacieuse de « Synonymes » (en salles). Il revient après l’armée de façon décalée sur son arrivée en France sans en connaître la langue. L’Israélien veut prendre ses distances avec son pays d’origine. Rencontres amicales et amoureuses jalonnent son chemin, mais lui feront-elles oublier d’où il vient ?  Après son très remarqué « Téléphone arabe », Sameh Zoabi conserve le ton de la comédie pour le  jubilatoire « Tel Aviv on fire » (en salles), les aventures d’un pseudo-scénariste sur fond de conflit israélo-palestinien. «Working woman» de Michal Aviad (sortie le 17 avril) illustre la sobriété du cinéma israélien qui en fait sa force et l’importance des femmes dans ce pays derrière la caméra. Michal Aviad trace le portrait digne d’Orna, sujette aux désirs et aux ego des hommes. Sa compétence professionnelle se voit exploiter par son patron, et son mari en pleine création d’entreprise ne comprend pas qu’elle ne s’occupe pas plus des enfants. Mais Orna a de la ressource. Pour « Un tramway à Jérusalem » (sortie le 24 avril), Amos Gitaï a posé sa caméra dans un tramway qui passe de l’est à l’ouest de Jérusalem. Une succession de personnages y campent les différents stéréotypes de la société israélienne. Une idée astucieuse pas toujours pertinente, tant les personnages sont plus ou moins bien abordés. On retrouve des figures du cinéma local telles Yael Abecassis et Hanna Laszlo ou français comme Mathieu Amalric. 

Ainsi sur à peine plus d’un mois, une mosaïque du cinéma israélien se succède. Quel pays, de plus petit, peut-il se vanter de connaître une telle vitrine à l’international ? Le travail de ces cinéastes s’impose comme un cinéma qui sait aborder des sujets sensibles tout en ayant de grands professionnels de sa technique derrière la caméra. Des œuvres audacieuses, innovantes pour certaines, qui participent activement à la culture mondiale. Du drame à la comédie, quand les deux ne s’entremêlent pas, du documentaire à la fiction, on est soufflé de constater une manière unique de raconter des histoires. En attendant celles de leurs collègues déjà programmées avant l’été. 


Toute reproduction, totale ou partielle, de ce site ou d’un ou de plusieurs de ses composants, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse de son créateur, et interdite, (…) une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Powered by Edreams Factory