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16 Octobre 2019 | 17, Tishri 5780 | Mise à jour le 10/10/2019 à 17h12

Rubrique Culture/Télé

Yaron Herman : « Un profond amour du jazz »

A à peine 35 ans le pianiste franco-israélien sort déjà son onzième opus« Songs of the Degrees » (Blue note) qui fait l'unanimité. Malin, il aime naviguer entre les modes musicaux séduisant la jeunesse. Mais ici il revient aux sources du jazz et on se régale.

Actualité Juive : Qu'est-ce qui vous a déterminé à revenir à la formule classique d'un trio de jazz ?

Yaron Herman : Cela faisait huit ans que je n'avais pas sorti d'album en trio acoustique. C'est une formule qui m'a énormément porté, inspiré et je voulais l'explorer à nouveau après mes excursions vers l'électro ou la pop. Il s'agissait d'y revenir avec un regard neuf et un retour à la contrebasse qui me manquait et des musiciens qui savent tout faire comme groover, swinguer et avoir un profond amour pour la tradition du jazz. 


A.J.: Ziv Ravitz est votre fidèle batteur depuis des années. Comment vous êtes- vous déterminé pour votre nouveau bassiste ?

Y.H. : Je connaissais Sam Minale pour l'avoir entendu avec d'autres musiciens et j'ai toujours aimé son jeu. Lors d'un échange il m'a raconté qu'il était très proche de Charlie Haden, un musicien qui est mon idéal de contrebasse. C'est un son très terrien, boisé, rond tout en groovant. On s'est rencontré avec Ziv et çà a tout de suite très bien marché. Le fait qu'il habite à New York, comme Ziv n'est pas un problème, on organise des tournées. 


A.J.: Vous avez édité chez des labels français, allemand, américain. Qu'avez vous appris de leur politique éditoriale? 

Y.H. :  Rien. Je ne fais pas de politique mais de la musique. Ils produisent de la musique et je ne leur demande pas quoi faire. Je sais ce que je veux, s'ils sont d'accord c'est cool, sinon je le ferai quand même.


A.J.: Passionné de math vous avez dit que c'est un outil unique de créativité pour poser des questions sans chercher la réponse. N'est-ce pas l'attitude d'un juif qui étudie ? 

Y.H. : J'ai envie de dire que oui, le jazz et l'improvisation c'est une façon d'évoluer dans une herméneutique créative. Le jazz et l'improvisation c'est un peu comme la kabbale et le talmud, une façon d'ouvrir des portes en permanence. Il s'agit de se questionner sur le sens caché sous la lettre ou la note. Aller chercher au-delà du visible, du premier degré et de l'apparence. Pour moi l'exploration quotidienne est plus importante que le résultat. 


Yaron Herman trio, Songs of the Degrees Blue Note/Universal.  Concerts 5/4 Enghien-les-Bains, 6 Forum Nice Nord, 10 Trianon Paris, 12 Cully Jazz Festival, 26 Nantes, 21/5 Eglise St Germain.


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