Default profile photo

25 Août 2019 | 24, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique France/Politique

Qualité de l’enseignement et accompagnement des élèves : L’école juive face à son double défi

(Flash90.)

À cette période de l’année où la presse publie ses palmarès des meilleurs établissements, de nombreuses écoles juives, d’Ile-de-France comme de province peuvent se satisfaire de voir leurs noms en haut des tableaux. Et cette capacité à se maintenir en tête n’a pas été ralentie par l’arrivée d’un grand nombre d’élèves ayant quitté le public qu’il a fallu accueillir.

Lycée Merkaz-HaTorah  de Gagny premier du classement établi par le journal l’Étudiant (dans lequel le lycée Rambam de Boulogne-Billiancourt arrive aussi sixième), Lycées Sinaï en tête sur celui du Parisien (qui classe aussi Georges Leven sixième, Yabné septième et Lucien de Hirsch neuvième) ; ORT qui arrive en tête des Lycées du Val-d’Oise, toujours selon le Parisien… autant dire que le tissu scolaire communautaire n’a pas à rougir de ses performances. Des performances confirmées alors que le contexte reste tendu. Outre les efforts prioritaires déployés par toutes ces écoles en matière de sécurité depuis ces dernières années, ces établissements scolaires juifs ont dû faire face à l’arrivée d’un grand nombre d’élèves qui, initialement, avaient fait le choix de l’école publique mais qui y ont vu leur scolarité contrariée.

Une tendance soulignée par le Président Emmanuel Macron lors du dernier dîner du Crif et que confirment très nettement les chiffres. « On comptabilise plus d’un millier de nouveaux élèves arrivés l’année dernière dans les écoles juives. Ce sont des arrivées qui se produisent de plus en plus souvent en cours de cycle scolaire et non plus seulement à l’issue d’un cycle », indique le directeur de l’Action scolaire du Fonds social, Patrick Petit-Ohayon. Ainsi, depuis trois ans maintenant, ce sont entre 700 et 1 200 nouveaux élèves qui entrent chaque année dans une école juive. Ils n’étaient que deux à trois centaines les années précédentes.

Accueillir ces nouveaux venus implique un accompagnement hautement réfléchi. « Notre volonté est que ces enfants qui entrent dans l’école juive n’y viennent pas pour s’y réfugier, mais pour s’y installer et s’épanouir », résume P. Petit-Ohayon. « Aujourd’hui, ce sont des élèves bien intégrés mais cela a demandé beaucoup d’efforts », poursuit-il. Et plus l’élève rejoint tardivement l’école juive (en fin de collège voire après) plus l’intégration et l’acceptation du nouveau système scolaire peuvent s’avérer compliquées.

La plupart de ces établissements ayant accueilli un grand nombre de nouveaux arrivants ont mis en place des cours de rattrapage, en kodech et en hébreu surtout et parfois dans les matières profanes. « Pour certains de ces élèves, il peut y avoir un soutien psychologique s’ils ont été perturbés dans leur précédente scolarité », précise aussi le responsable éducatif. Instaurer des programmes modulés en Kodech pour s’adapter à l’arrivée des nouveaux fait aussi partie des pistes envisagées.

  Mais au-delà du rattrapage des connaissances requises dans les matières religieuses, «  c’est sur les concepts qu’il faut parvenir à accrocher ces nouveaux élèves », souligne encore Patrick Petit-Ohayon. Susciter un intérêt pour ces matières prime sur le reste.


« Ce sont des élèves bien intégrés mais cela a demandé beaucoup d’efforts »

Hormis les pourcentages de réussite au bac et de mentions obtenues, les palmarès s’intéressent de plus en plus à l’accompagnement pédagogique que dispensent les établissements. Sur cet aspect encore, les écoles juives marquent des points. Aujourd’hui, l’école juive dans son concept général n’est plus une école élitiste comme on a pu longtemps la percevoir. « On pense avant tout à la réussite de l’élève et si pour celui-ci il est vraiment impossible de poursuivre sa scolarité dans l’école dans laquelle il se trouve on trouve une solution de repli. Quant à ceux qui sont en échec ou en rupture, on essaye de leur permettre d’aller vers une professionnalisation. On possède désormais un éventail très large d’établissements qui devrait lui permettre de trouver sa voie vers la réussite ». Une bonification du système scolaire juif que l’on doit à l’exigence des familles et à la professionnalisation des équipes pédagogiques.


Toute reproduction, totale ou partielle, de ce site ou d’un ou de plusieurs de ses composants, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse de son créateur, et interdite, (…) une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Powered by Edreams Factory