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16 Octobre 2019 | 17, Tishri 5780 | Mise à jour le 10/10/2019 à 17h12

Rubrique Judaïsme

Parachath Tazrya 5779 : Une nouvelle vie

Crédit : CHARLES JOSEPH STANILAND.

Après avoir évoqué, la semaine dernière, les lois de ce qui entrait dans notre bouche, la Thora va consacrer, cette semaine, de nombreux versets aux lois de ce qui peut en sortir. En d’autres termes, nous devons constamment opérer un tri dans notre alimentation, comme dans les mots que nous adressons à notre prochain. C’est là le message que D.ieu nous adresse pour comprendre le lien entre la parachath Chémini et la parachath Tazrya. Mais si cette simultanéité paraît bien linéaire, il n’en sera pas de même au sein de la parachath Tazrya : il nous faudra résoudre une contradiction quelque peu troublante…

Nos commentateurs nous font remarquer une opposition entre Tazrya, le nom de la paracha et son contenu. Tazrya signifie (une femme qui) « concevra », une allusion à la vie, alors que son  contenu est majoritairement consacré au Métsora, le lépreux, que le Talmud (1) compare à un mort !


Loin de toute vie  sociale


Pour comprendre cette contradiction, nous reviendrons sur l’affirmation du Rambam qui écrit dans son Michné Thora (2) que « …la lèpre était un signe miraculeux, au sein du peuple juif, afin de prévenir chacun de la gravité du lachone hara (la médisance). Cette affection cutanée avait pour conséquence d’éloigner l’homme de toute vie sociale pour qu’il ne soit plus entraîné à tenir des propos moqueurs et médisants ». A la lecture de ce texte, on comprend la portée réelle de la lèpre. Ce n’était pas une punition au sens strict du terme. Elle avait aussi une fonction positive : avertir du danger de tenir des propos malveillants et réparer des comportements dommageables. L’éloignement de toute vie sociale incitait l’homme à la réflexion et le projetait vers une vie nouvelle. C’est ce qui explique le nom que porte notre paracha. Tazrya évoque la vie parce que la coupure sociale créée par la parole destructrice n’est pas irrémédiable : la faute porte en elle la vie, quand on décide fermement de changer notre mode de communication le plus élémentaire. 


Au sommet de l’Etat


Il est remarquable de retrouver cette idée dans l’actualité la plus immédiate. La Baal Chem Tov affirme que l’on doit réfléchir aux événements (grands ou petits) dont nous sommes les témoins et les considérer comme des signes envoyés par D.ieu. Nous avons été les spectateurs, ces dernières semaines, des dégâts de la médisance ou de la délation, au plus haut sommet de l’Etat. Des hommes se sont affrontés, par médias interposés, avec une férocité sans limites. Devant un tel déballage de haine, on ne doit pas fermer les yeux. Il ne s’agit pas de prendre parti mais de réfléchir aux dommages générés par la médisance. Par ce constat, on trouvera aussi la voie du Bien. 


Notes

(1)  Traité Nédarim, p.54b

(2) Fin des Lois de l’impureté de la lèpre.



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