Default profile photo

16 Octobre 2019 | 17, Tishri 5780 | Mise à jour le 10/10/2019 à 17h12

Rubrique Judaïsme

Parachath Métsora 5779 : Malgré la faute

Quelle doit être notre attitude à l’égard d’un Juif éloigné du judaïsme ? Pour certains, il constitue un danger parce que son influence peut être néfaste, alors que pour d’autres, il reste, malgré son éloignement, un membre à part entière du peuple juif. C’est notre paracha qui tranchera ce débat. Mais avant de l’étudier, un point d’histoire nous apportera un éclairage décisif.

Lorsque le monde juif vivait replié sur lui-même, à l’écart des nations, rien ne pouvait venir perturber le cheminement linéaire de son histoire : on était juif de génération en génération. Mais quand le ghetto ouvrit ses portes vers le monde extérieur, une nouvelle identité vit le jour, celle où le judaïsme n’était plus la seule référence de la conscience juive. L’une des questions qui se posa fut celle concernant le statut spirituel de ces nouveaux Juifs, pour la plupart avocats, médecins ou professeurs, qui commencèrent à envahir la société civile. Fallait-il les abandonner ou tout faire pour les récupérer ? Le débat fut âpre pendant deux siècles pour, au final, s’orienter vers la seconde solution.


A la fin des temps


Aujourd’hui, le Juif éloigné n’est plus rejeté. Bien au contraire. Il sera pris en compte et l’on fera tout pour le sensibiliser aux valeurs du judaïsme. Pourquoi en est-il ainsi ? La réponse se trouve dans le Talmud (1) et chez nos Maîtres contemporains qui affirment qu’à la fin des temps, le Machia’h et le peuple juif auront un statut de lépreux !


Un enfant kidnappé


Dans une lecture précise du texte, on remarque que l’affection cutanée qui frappe le lépreux se situe sur « la chair de sa peau », sur la partie extérieure de son corps. Comme pour nous dire que la lèpre est à l’extérieur et non à l’intérieur. Comme le Machia’h, appelé lépreux qui, intérieurement est un Juste parfait. Dès lors, que sont les plaies qu’il porte sur sa peau ? Le Midrash répond que ce sont les (dernières et résiduelles) fautes du peuple juif qu’il accepte de porter sur lui pour épargner des souffrances à Israël. Et le même schéma s’appliquera à chaque Juif éloigné. Quand on voit un Juif fauter, il ne s’agit pas d’une rébellion contre D.ieu. Il est, selon l’expression talmudique « un enfant kidnappé », un enfant qui n’a pas été éduqué dans le judaïsme. Dans le fond, il est bon et désire se rapprocher de son Créateur. Ses fautes sont comme extérieures à sa personnalité profonde car il n’a pas appris ce qu’est le Bien et le Mal. On comprend à présent, pourquoi, à la fin de cet exil, on doit s’abstenir de tout jugement envers des Juifs encore éloignés du judaïsme : leurs fautes ne sont en aucune façon le reflet d’un rejet de D.ieu. Profondément, ils ne désirent qu’une seule chose : être rapprochés de la Lumière. 


Note :
(1)  Traité Sanhédrine, p. 98b


Toute reproduction, totale ou partielle, de ce site ou d’un ou de plusieurs de ses composants, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse de son créateur, et interdite, (…) une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Powered by Edreams Factory